Dans le coma depuis vendredi dernier à l'hôpital Jackson Memorial aux Etats-Unis, la petite Maria Reina Abigaelle Denis, qui avait inhalé du gaz lacrymogène en 2004, n'a pas prononcé un mot depuis plusieurs jours. Se détériorant à vue d'oeil, la santé de la fillette de 5 ans est de plus en plus compromise, les médecins ayant dû l'intuber afin de lui permettre de respirer.
Selon ce que rapporte sa mère, le Dr Sheila Jérôme Denis qui a rendu visite au Nouvelliste la semaine dernière, Abigaelle a inhalé encore une fois du gaz lacrymogène lors des émeutes de la faim en avril dernier, alors qu'elle se rendait à l'aéroport Toussaint Louverture pour retourner aux Etats-Unis. Le diagnostic définitif des médecins fait état d'une crise d'asthme modérée, de vomissements incoercibles et d'une dermatose cutanée.
« Seul un miracle pourrait faire que ma petite ait la vie sauve », déclare, désespérée, la mère éplorée. Ne pouvant s'empêcher de verser une larme en dépit de son courage, le Dr Denis a précisé que les médecins ne donnaient dorénavant aucune garantie.
Ses chances de survie diminuant chaque jour qui passe, Abigaelle doit subir le plus rapidement possible une autre intervention chirurgicale. Pour ce faire, un montant de 100 000 dollars américains est nécessaire. La mère de la fillette continue de solliciter l'assistance financière des autorités haïtiennes qui, selon elle, font preuve de négligence vis-à-vis de la vie de la petite Abigaelle.
« Aucun fonds émanant du Palais national n'a été reçu depuis décembre 2005 alors que l'assistance financière était renouvelable sur six mois », déplorait la mère d'Abigaelle au cours d'une visite au journal en mars dernier, faisant référence aux 25 000 gourdes que lui avait promises mensuellement cette institution étatique, avant d'ajouter: « J'ai écrit au Président René Préval, au Premier ministre Jacques-Edouard Alexis (non démissionnaire à l'époque) ainsi qu'à Mme Marie Claude Calvin à ce sujet, mais il n'y a rien de concret jusqu'à présent. »
« Je demande à tous les enfants d'Haïti de prier pour moi, disait récemment la petite Abigaelle. Et si je dois mourir pour qu'ils soient délivrés, que la volonté du petit Jésus soit faite! » Sa mère adresse des remerciements à tous ceux qui l'ont aidée, d'une façon ou d'une autre, au cours de son calvaire.
Les personnes intéressées à donner un coup de main pour sauver la vie d'Abigaelle peuvent contacter le Dr Sheila Jérôme Denis aux numéros suivants: (509)34 74 34 95 et 38 49 73 50.
Source: Le Nouvelliste