Le prochain gouvernement sera-t-il "pluriel" ou "de coalition"? Sa formation sera-t-elle laissée à la discrétion du Premier ministre ratifié, à celle du Président de la République ou à celle des deux branches de l'Exécutif?
Si le gouvernement "pluriel" dirigé par le Premier ministre démissionnaire Jacques-Edouard Alexis a pu jouir d'une certaine stabilité, il a pourtant, au fil du temps, dévoilé toutes ses faiblesses caractérisées par un certain manque de cohésion, de coordination, d'efficacité dans l'action. Certains ministères confiés à des partis politiques représentés au Parlement ont été perçus, de l'intérieur comme de l'extérieur, comme le fief des membres de ces institutions politiques avec toutes les déformations de l'orientation partisane d'une institution à vocation étatique.
Faut-il refaire l'expérience sur de nouvelles bases?
La constitution des blocs politiques au sein du Parlement a complètement affaibli le rôle que pourraient et devaient jouer les partis politiques au sein d'un gouvernement "pluriel", à savoir un rapprochement entre l'Exécutif et le Parlement pour un meilleur équilibre des pouvoirs, pour une meilleure harmonisation des actions...
Les deux tentatives ratées de ratification d'un Premier ministre désigné par l'Exécutif prouvent que les forces en présence ne sont pas les partis politiques, mais surtout les blocs politiques. Qui peut faciliter le vote d'une loi, l'adoption d'une convention? Quel rôle efficace peuvent jouer, dans ces conditions, les partis politiques dans un gouvernement "pluriel" ? La discipline de parti n'étant pas respectée, faut-il se tourner vers les blocs politiques au Parlement, directement?
L'Exécutif doit aujourd'hui se retrouver face à un véritable dilemme, celui de savoir comment et avec quelle force composer, sans perdre le bénéfice non négligeable d'une certaine stabilité que procure un espace politique dont l'opposition est totalement absente ou neutralisée. Au cas où l'Exécutif choisirait de former un gouvernement sans intégrer les représentants de partis politiques, ces derniers pourront-ils se constituer en opposition?
Source: Le Nouvelliste