Les parlementaires ne semblent pas pressés de ratifier Michèle Pierre-Louis. Pour passer le temps, députés et sénateurs se renvoient la balle pour qui recevra Mme Pierre-Louis le premier.
Aux dernières nouvelles, une commission de ratification doit être formée ce mardi pour commencer à analyser le dossier du premier ministre désigné, selon ce que promet le président du Sénat, Kelly C. Bastien.
Mais, entre-temps, c'est un véritable va-et-vient, multiplication des renvois de séance pour constituer une commission devant examiner les documents de Mme Pierre-Louis que l'on dit «sans faille». A cela s'ajoute l'absentéisme de certains parlementaires qui vont de préférence s'amuser dans les fêtes champêtres lorsqu'ils ne prétextent pas la Coupe d'Europe des nations, qui s'est achevé hier dimanche, pour ne pas tenir de séance ou la retarder.
Des voix s'élèvent pour dénoncer des tentatives de dilatoire ou de politique de marronnage de la part des parlementaires qui, au prime à bord, s'étaient pourtant montrés enthousiastes quant au choix de René Préval.
Une semaine est passée et aucune des deux chambres n'a encore entamé le processus de ratification du premier ministre et les bureaux des deux assemblés, l'air très peu pressés, se renvoient plutôt la balle. L'un cherche à céder la priorité à l'autre pour des raisons qui demeurent jusques-là inconnues. Le président de la chambre des députés, Pierre Eric Jean Jacques, est lui tombé malade.
Une semaine après, l'on peut constater que l'enthousiasme est retombé, le discours change et certains, comme le sénateur Evallière Beauplan, vont jusqu'à qualifier la désignation du premier ministre d'«immorale».
Interrogée en marge d'un spectacle à la FOKAL le week-end dernier, Mme Pierre-Louis, qui indique n'avoir pas encore reçu l'invitation d'aucune des deux chambres, a reconnu que sa candidature provoque bien des remous, mais que ceux-ci entrent dans le cadre de «jeu de pouvoir et d'influence inhérente à la politique».
«On est en politique et l'on construit une démocratie, donc il est normal que des blocs se forment, que des opinions s'expriment et que des négociations se fassent» a déclaré Michèle Pierre-Louis qui se dit cependant prête à faire des compromis, mais qu'il lui sera difficile d'entrer dans des compromissions politiques qui pourraient nuire à l'intérêt du pays.
En attendant l'invitation des deux chambres à soumettre ses pièces, Michèle Pierre-Louis fait savoir quelle demeure en stand by et s'attelle à rédiger sa politique générale au cas où elle passerait le premier cap de la ratification.
Source: HPN