Invité du jour de Radio Kiskeya, l'homme d'affaires Réginald Boulos, interrogé, jeudi, sur les commentaires retransmis par la presse sur la vie privée du Premier ministre désigné Michèle Duvivier Pierre-Louis, a appelé tous les secteurs à faire des efforts pour élever le niveau des débats. « Honnêtement, je ne crois pas que la vie privée d'une personne puisse définir sa capacité, sa compétence pour jouer le rôle de chef de gouvernement », a-t-il soutenu.
Réginald Boulos a dit croire que Mme Pierre-Louis est victime d'une forme de discrimination féminine. « Si c'était un homme qui avait des préférences sexuelles hors de la réalité, aurait-on pu avoir tous ces débats ? Pourquoi n'a-t-on jamais questionné les préférences sexuelles des présidents et Premier ministres passés ? » s'est-il interrogé.
Parlant du terme « immoralité » qui revient sans cesse dans les commentaires sur la vie privée de Mme Pierre-Louis, M. Boulos a dit croire qu' « il est aussi immoral de laisser les jeunes croupir dans la misère, dans la violence, dans la drogue, mourir de faim, et surtout [qu'] il est encore plus immoral de les armer ». « Il faut protester avec autant de vigueur contre ces fléaux qui accaparent la jeunesse haïtienne », a-t-il plaidé.
Réginald Boulos a dit regretter que Mme Pierre-Louis, qui a fait publier une note dans la presse à la fin de la semaine écoulée, se soit engagée elle aussi dans ce débat sans importance qui porte atteinte à sa personnalité.
Soulignant les problèmes socioéconomiques et politiques auxquels fait face le pays, l'homme d'affaires a estimé qu'il ne sera pas facile de trouver un Premier ministre capable de combler toutes les attentes de la population.
Aussi M. Boulos a-t-il exhorté les parlementaires, appelés à se prononcer sur le choix de Michèle Duvivier Pierre-Louis, à mettre l'accent sur la gestion de cette dernière à la Fondation konesans ak libète (Fokal) qu'elle dirige depuis environ six ans. Il a invité Mme Pierre-Louis à présenter un bilan de sa gestion au sein de cette institution qui, au cours des six dernières années, a reçu de l'étranger près de 46 millions dollars américains pour réaliser des projets sociaux à travers plusieurs régions du pays.
Selon Réginald Boulos, « le vrai débat doit être, aujourd'hui, accentué sur l'absence de l'autorité de l'État, de leadership, de programme d'éducation et de santé pour la population haïtienne, sur la définition d'une politique énergétique, de transport en commun et de programme alimentaire ».
Une occasion offerte au Sénat…
Par ailleurs, Réginald Boulos s'est réjoui de l'arrêt rendu récemment par le tribunal de première instance de Fort-Liberté sur le dossier du sénateur Rudolph Boulos. Par la publication de cet arrêt, le tribunal offre une opportunité, une occasion unique au Sénat de la République de corriger son erreur dans le traitement de l'affaire du premier sénateur du Nord'Est, Rudolph Boulos.
« Les sénateurs, dans leur sagesse, doivent agir vite en prenant courageusement la décision d'admettre qu'ils avaient commis une erreur qui mérite d'être corrigée le plus rapidement possible », a estimé Réginald Boulos, soulignant que rien ne peut empêcher les sénateurs de revenir sur une décision, s'ils en ont la volonté. Car, a-t-il fait remarquer, le Sénat peut, deux ans après avoir adopté une loi, constater que cette loi n'est plus adaptée à la réalité.
Éventuel candidat à la présidence de la CCI ?
« Actuellement, je suis en pleine exploration avec les différents membres de la Chambre de commerce et d'industrie d'Haïti (CCI) et les membres du Conseil pour savoir s'il y a lieu que je sois à nouveau candidat à la présidence de la Chambre », a informé Réginald Boulos, précisant que les élections qui auront lieu au mois d'octobre ne sont pas encore décrétées.
« Donc quelqu'un ne peut se porter candidat tant que les élections ne sont pas décrétées », a-t-il signalé.
« De toute façon, a-t-il poursuivi, quel que soit le scénario, je resterai une personne active du secteur privé, en particulier, et dans la promotion du bien public, en général ».
Source: Le Matin