Réduire le quorum pour faciliter le vote de la politique générale de Michèle Pierre-Louis, cette proposition d'Anacacis Jean Hector auquel auraient adhéré les sénateurs de Lespwa ne fait pas l'unanimité au Sénat.
Pour le sénateur Anacacis il y a péril en la demeure. Il s'agit de sauver le pays et le Sénat menacé de caducité. Pour empêcher cela, il entend proposer au président du Sénat, Kelly Bastien, l'application de l'article 158 de la constitution de mars 1987.
Il s'agit de réduire le quorum à dix pour avoir une majorité au Sénat et donner ainsi un vote favorable à la politique générale de Michèle Pierre-Louis.
Si sa proposition ne passe pas, avec les autres sénateurs de la plateforme Lespwa et leurs alliés Lavalas, Anacacis Jean Hector menace de démissionner pour provoquer la caducité du Sénat.
Pour l'instant, le débat fait rage à la Chambre haute, à savoir s'il faut respecter la constitution et approuver ou non la politique générale du Premier ministre ratifié par le vote des 16 sénateurs en fonction, ou plutôt adhérer à la proposition d'Anacacis Jean Hector.
Rudy Hérivaux de Fanmi Lavalas soutient que l'application de l'article 58 n'est pas d'actualité. «Il faut réserver cet ultime recours dans le cas où l'on serait dans l'impasse et que la situation ne peut pas se débloquer. Mais aujourd'hui il faut que les discussions se poursuivent avec les responsables politiques», déclare Hérivaux.
L'ancien ministre de la justice, Jean Joseph Exumé, conseille aux sénateurs de la République de tenir compte du nombre de sénateurs présents pour fixer le quorum et «que chacun assume ses responsabilités».
Pour d'autres personnes, ce n'est pas tant la proposition de réduction du quorum elle-même que la personne qui l'a faite qui laisse perplexe.
L'une des raisons est que lors de la ratification au Sénat de Michèle Pierre-Louis, le même Anacacis Jean Hector avait qualifié «d'apatrides et de traîtres» tous ceux qui avaient exprimé leur velléité de voter contre Mme Pierre-Louis ou de faire abstention.
Alors que le premier sénateur de l'Ouest avait été la première personne à s'abstenir lors du vote du 31 juillet.