Des parlementaires, particulièrement des sénateurs issus de la plate-forme politique LESPWA, battent la grosse caisse autour de la nécessité de réduire le quorum au niveau de la Chambre haute dont l'effectif est passé, pour des raisons diverses, de 30 à 18 membres. La mort du sénateur Noël Emmanuel Limage participe des choses inéluctables dans la vie des hommes et des institutions. La destitution du sénateur Rudolph Boulos, en raison de sa nationalité étrangère, relève du droit constitutionnel et/ou du droit parlementaire et reste une absence compréhensible. Mais comment expliquer que l'Exécutif LESPWA n'ait pas pris toutes les dispositions nécessaires pour le renouvellement à temps du tiers du Sénat?

Réduire le quorum pour qui? pour quoi? Quelles que soient les raisons évoquées, la réduction de ce quorum peut avoir des effets néfastes et pervers sur la vie de l'institution parlementaire, dans la mesures où elle est susceptible d'accorder une majorité confortable, mais irrégulière et indue, à la plate-forme politique au pouvoir LESPWA. Qui devait s'assurer de la bonne marche des institutions si ce n'est la présidence LESPWA, le pouvoir exécutif dirigé par M. René préval? Doit-on bénéficier de ses propres erreurs? Peut-on mettre ses actes manqués au profit de ses intérêts inavoués et inavouables, en toute impunité, en toute quiétude d'esprit?

Cette démarche suspecte des sénateurs issus de la plate-forme LESPWA apporte de l'eau au moulin de ceux qui croient fermement que le président René Préval ne s'accommode pas, dans l'exercice de son pouvoir, du contrôle de l'institution parlementaire. Ce que la malice populaire traduit en cette expression succulente, un ''président tublès''. Cette démarche est en droite ligne avec la menace brandie, encore une fois, par des sénateurs LESPWA de démissionner en bloc, ce qui rendrait automatiquement le Sénat caduc et, par voie de conséquence, la Chambre des députés. Caducité! Le président René Préval et la population doivent bien savoir de quoi nous parlons! Le président René Préval trouvera-t-il des arguments pour dresser le constat, une nouvelle fois, de la caducité du Parlement?

On peut, sans observer le décorum, réduire le quorum au Sénat, la République ne va pas mourir pour si peu puisqu'elle ne s'embarrasse, depuis un certain temps, de tant de scrupule! Mais quel service ce Sénat ( sans décorum ou à quorum réduit) se proposera-t-il, en compensation, de fournir au pays, à la population? On peut toujours perdre pour gagner!
Les sénateurs LESPWA peuvent toujours faire prévaloir leur droit fondamental et individuel de démissionner sans penser, même un instant, que les fonds alloués à l'organisation des dernières élections ont été fournis en grande partie par l'étranger. Mais vont-ils assimiler leur démission à une véritable retraite politique pour le bien de la République?
Et puis, au regard du peu de travail fourni, quel sénateur est prêt, aujourd'hui, à perdre les avantages pécuniers, les frais de représentation, et autres!
Source: Le Nouvelliste