Le Premier ministre ratifié, Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis, doit éventuellement présenter ce matin l'énoncé de sa politique générale de gouvernement à la Chambre basse, en attendant de le faire, jeudi, au Sénat de la République.
Finalement, après quatre mois, nous abordons la dernière étape du processus de formation d'un gouvernement, depuis la destitution, par la Chambre haute, du Premier ministre Jacques-Edouard Alexis.
Quels seront les grands axes de cette politique en fonction des derniers événements sociopolitiques et des besoins réels du pays? A partir de quel programme, de quel plan d'actions, orientés vers la relance de l'économie, vers la production nationale, vers le développement durable, le Premier ministre ratifié tentera-t-il d'obtenir la confiance des parlementaires?
Et, du côté de l'éxécutif et du côté du législatif, les préoccupations, à s'en tenir aux informations recueillies ou aux déclarations faites, planent à ras le sol, s'arrêtant uniquement aux postes ministériels à occuper, non en fonction des compétences à mettre au service de la République, mais en fonction des privilèges et du pouvoir que confère la représentation au sein d'un gouvernement.
Les partis politiques et/ou les blocs politiques n'y vont pas de mainmorte, réclamant deux, trois portefeuilles ministériels, exigeant le maintien, ou mieux, la reconduction de leur ancien représentant... Les préoccupations sont si mesquines, partisanes, voire antinationales, que le ministère de l'Environnement - dans un pays dont la couverture végétale est évaluée à moins de trois pour cent - est considéré comme un portefeuille insignifiant.
Reconduction de minsitres! Le bruit court que le président René Préval serait favorable à la reconduction de huit ministres du gouvernement Alexis, pour une raison ou pour une autre.
Faut-il, dans ce cas, parler d'un simple replâtrage ministériel avec en prime un nouveau Premier ministre? Faut-il, dans ce cas, penser que Jacques-Edouard Alexis faisait seul partie du problème pour avoir été, comme ils disent, un mauvais capitaine qui se serait soucié beaucoup plus de préparer sa candidature à la présidence?
Sans nier pour autant la performance d'un ou deux des ministres de l'ancien gouvernement, quelle serait l'économie de ces quatre mois d'inactivité, d'improductivité, de palabres, de mystification, de dérision...?
Prenez garde que tout ce questionnement, tous ces raisonnements ne tiennent compte de la possibilité d'exécution d'un quelconque plan de développement à moyen, voire à long terme. Il n'y a pas eu de programme de gouvernement, il n'y en aura pas et les mêmes causes vont produire les mêmes effets.
Si le choix d'un cabinet, en termes d'une équipe cohérente, n'est pas laissé à la discrétion de Mme Pierre-Louis, quellle marge de manoeuvre aura-t-elle?
Qui fait partie du problème? Qui fait partie de la solution?
Source: Le Nouvelliste