Le président de la Chambre des députés a annoncé, pour ce mardi, la tenue d'une séance à laquelle est invitée Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis, Premier ministre ratifié pour sa Déclaration de politique générale. Toutefois, après bien des rencontres au Palais présidentiel entre le président René Préval, Mme Pierre-Louis et des représentants des différents partis politiques représentés au Parlement, des groupes de la société civile et des parlementaires, rien n'assure du déroulement effectif de cette séance.

Le président de la Chambre des députés a annoncé, pour ce mardi, la tenue d'une séance à laquelle est invitée Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis, Premier ministre ratifié pour sa Déclaration de politique générale. Toutefois, après bien des rencontres au Palais présidentiel entre le président René Préval, Mme Pierre-Louis et des représentants des différents partis politiques représentés au Parlement, des groupes de la société civile et des parlementaires, rien n'assure du déroulement effectif de cette séance.
La probable séance de ratification de la Déclaration de politique générale du Premier ministre ratifié, Michèle Pierre-Louis, est fixée ce mardi 19 août à la Chambre des députés. Le Bureau de cette chambre avait envoyé, en fin de semaine dernière, une correspondance à Mme PierreLouis, l'invitant à se présenter à la date sus-indiquée. Cette décision semblait initialement bénéficier de l'aval de la majorité des députés.

Dans le doute de recueillir un vote favorable au Sénat, Michèle PierreLouis a multiplié les rencontres dites de négociations avec les responsables des partis politiques représentés au Parlement et des groupes influents de la société civile. L'autre objectif recherché et tant souhaité par les formations politiques est la formation d'un gouvernement pluriel. Une énième réunion a eu lieu entre les différents protagonistes, hier matin, au Palais national. Au terme de cette rencontre, le sénateur Youri Latortue a déclaré que son parti, Latibonit an aksyon (LAA) « ne participera pas au nouveau gouvernement ».

« Les rencontres se poursuivront avec les partis politiques et la société civile », a affirmé, dimanche, le docteur Daniel Henrys, pressenti comme chef du cabinet du Premier ministre Pierrre-Louis. Pour lui, c'est une étape décisive. Alors que le député Steven Benoît (PétionVille/ex-Lespwa), deuxième secrétaire du Bureau de la Chambre des députés, a indiqué que « du côté du Premier ministre ratifié, toutes les dispositions sont prises en vue de la présentation de son énoncé de politique générale ». Toutefois, le sénateur Jean Hector Anacacis (Lespwa/Ouest), pour sa part, a déclaré que « le cabinet ministériel est incomplet et que la séance de ce mardi est impossible ». Tandis qu'au niveau de la Chambre des députés, la Concertation des parlementaires progressistes (CPP) a informé, lundi soir, qu'elle n'était pas encore prêtre pour une telle séance.

Pour franchir l'étape du processus de ratification de sa Déclaration de politique générale et, conséquemment, être investie dans ses fonctions de chef de gouvernement, Michèle Pierre-Louis doit être approuvée à la majorité absolue par les deux Chambres législatives. Dans cette perspective, le président René Préval mise sur les leaders des partis représentés au Parlement et la Concertation des parlementaires progressistes (CPP) pour trouver un consensus. Mais, au niveau du Sénat, la situation reste corsée.
Polémique au Sénat
Au grand corps, trouver un compromis n'est pas chose facile. Les sénateurs posent, entre autres, les problèmes relatifs au quorum, aux ministres sortants qui seront reconduits et au programme du prochain gouvernement. « Comment comprendre que plus de la moitié des ministres sortants garderont leur poste, alors que le gouvernement démissionnaire dont ils sont membres avait reçu, quatre mois de cela, un vote de censure », s'interroge le sénateur Youri Latortue.

« C'est inadmissible », estime le parlementaire, invitant ses collègues à prioriser les négociations politiques au lieu de faire flèche de tout bois. En effet, en début de week-end, le sénateur Jean Hector Anacacis (Lespwa/Ouest) a proposé de réduire le quorum à 10, un projet assorti d'une menace de démission en bloc des sénateurs de la plateforme Lespwa, avec pour corollaire la caducité du Corps législatif ou du moins « l'autodissolution du Parlement ». Proposition rejetée par la plupart des autres sénateurs qui la qualifient de «stratégie malheureuse qui ne fait que polluer l'environnement politique ». Le président du sénat, Kelly Bastien (Lespwa/Nord), propose que l'assemblée planche cette semaine sur la question.

D'un autre côté, il y a « l'affaire Boulos ». Récemment accusé de détournement de mineure, le sénateur Judnel Jean (Fusion/ Nord'Est), rapporte Radio Métropole, dit « conditionner désormais son vote en faveur du programme de Mme Pierre-Louis au retour au grand corps de son collègue de parti, Rudolf Boulos ». Qualifiant d'injuste la décision de destituer Boulos, le sénateur Judnel Jean admet que son exigence est « une pression pour obtenir le respect des votes des citoyens du Nord'Est ».
Le cap de la Déclaration de politique générale une fois franchi, le prochain gouvernement, mené par l'économiste Michèle Pierre-Louis, aura à se pencher sur des dossiers extrêmement urgents, notamment la rentrée scolaire aux premiers jours de septembre, la crise alimentaire et l'élaboration du Budget de l'exercice fiscal 2008-2009. Du pain sur la planche.
Source: Le Matin