Certains partis politiques et/ou groupes parlementaires ont décidé de quitter la table des négociations avec l'Exécutif autour de la formation du gouvernement que doit éventuellement diriger le Premier ministre ratifié, Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis. Est-ce un repli stratégique en raison de l'impopularité de la revendication de certains postes ministériels? Est-ce un signe annonciateur d'un mouvement d'opposition au pouvoir LESPWA?

Cette décision des partis politiques et/ou des groupes parlementaires ne laisse-t-elle pas les coudées franches au président René Préval qui aurait exprimé l'intention de former son gouvernement, sans la participation des partis politiques, durant la deuxième période de son mandat? Cependant, vu la position de la Concertation des parlementaires progressistes (CPP) qui conditionne le vote de l'énoncé de politique générale de Mme Duvivier Pierre-Louis à la présentation de la liste des ministres de son gouvernement, n'ya-t-il pas lieu de s'interroger? Est-ce pour barrer la route à des ministres démissionnaires, les empêchant ainsi d'intégrer le nouveau gouvernement comme le souhaiterait le président René Préval?

Dans tous les cas, la tâche va être difficile pour Mme Duvivier Pierre-Louis qui ne pourra effectivement compter que sur les parlementaires de la plate-forme politique au pouvoir, minoritaires dans les deux Chambres. Les choses vont être compliquées également pour le président René Préval qui a tant misé sur la "stabilité politique" dont bénéficiait le gouvernement pluriel de Jacques-Edouard Alexis.
Le président René Préval n'est-il pas contraint de jeter du lest? Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis pourra-t-elle marquer le prochain gouvernement de son empreinte?
En attendant, les pressions tant nationales qu'internationales sont exercées sur l'Exécutif pour que soit présenté dans les meilleurs délais l'énoncé de politique générale du gouvernement Pierre Louis .
Source: Le Nouvelliste