De l'ignorance à l'irresponsabilité...
On se rappelle le tollé enregistré lors du carnaval, baptisé « Rale mennen vini pou yon ayiti vèt » quand, paradoxalement, on a procédé à la coupe des arbres au Champ de Mars. Par la suite, des palmiers ont été plantés accompagnés de travaux d'assainissement. Et après ? Un état de la situation.
A la rue Lamarre à Port-au-Prince, à l'avenue Jean Paul II à Turgeau, à l'avenue de la République, des travaux d'assainissement ont été entrepris en vue de redorer l'image écologique de ces zones par la plantation de palmiers. Avec les émeutes de la faim, en avril dernier, ceux de la rue Lamarre ont subi le poids de cette faim. Plusieurs d'entre eux ont été endommagés sous la violence de ces révoltés.
Quelque cinq mois de cela, la beauté des palmiers au Champ de Mars et à ses environs projetait une image estimable à l'égard de l'environnement qui se dégrade de jour en jour, et presque dépourvu d'espèces végétales. A la grande surprise, la plupart de ces palmiers meurent. Dans des cas, seul les cercles qui les entourait rappelle leur existence.
Il est évident que les plantes, en tant qu'êtres vivants, ont besoin de soins nécessaires, pour pouvoir grandir et rester en santé. « Avant de planter un arbre, un minimum de connaissance du sol et de l'environnement est recommandé. La température, la lumière et l'humidité sont des critères à prendre en compte, pour une maintenance adaptée », indique Yves Bernard, un agronome-paysagiste.
Selon certains,le fait qu'on ne les arrose pas peut causer leurs brulûres.Pour d'autres,s'ils absorbent trop d'eau de pluie peut aussi les tuer.On aurait dû faire appel à un spécialiste en la matière pour mieux entretenir ces plante, disent-ils.
«Pour les palmiers, si l'air dans lequel il se trouve est trop sec et manque d'humidité, ils n'auront qu'à mourir par la suite. Il faut surveiller des brûlures qui peuvent être causées par le soleil ou par certains insectes dans un environnement inadapté », ajoute l'agronome-paysagiste.
Certains disent que nous n'avons pas une culture écologique. D'autres font appel à la responsabilité citoyenne,à l'action civique. Le citoyen doit-il attendre toujours l'intervention d'une quelconque autorité pour produire une action civique au profit de sa communauté? Par exemple, arroser une plante à quelques mètres de sa résidence.
D'autre part, l'état actuel de la « Place Pompier », abandonnée, entourée de marchands de poulets et de boissons, devient un centre de restauration et d'espace de dépotoir de fatras.Un paradoxe? Ses bassins dépourvus d'eau, ses murs marqués des traits d'acienneté, témoignent l'envie d'être aménagée. Il ne lui reste que ses arbres et n'est plus ce qu'il était avant, pour ceux qui ont eu le temps de jouir de sa beauté et sa propreté.
Pourtant, il n'est plus qu'un constat que les places publiques sont dotées de surveillants. Ils surveilleraient quoi ? Pourquoi celle du Pompier est-elle si méprisée ? Des questions et tant d'autres comme celles-ci qu'on en passe.
Source: Le Nouvelliste