Le bilan provisoire des dégâts causés par le passage de la tempête tropicale Hanna sur Haïti fait état d'au moins 35 morts, des milliers de sinistrés...selon les autorités haïtiennes. Aux Gonaïves, l'une des villes les plus touchées, les sinistrés, criant aux secours, attendent dans la désolation l'aide humanitaire.
Réfugiée sur le toit de sa maison, la soeur d'un de nos collaborateurs au journal s'était empressée de faire ses adieux en ces termes : « Il se pourrait que ce soit notre dernière conversation », disait-elle, au téléphone, constatant le niveau des eaux qui a été estimé, mardi, à environ trois mètres par endroits aux Gonaïves où vivent dans des conditions difficiles environ 300 000 habitants. Dieu merci!, les eaux commencent à diminuer, a-t-on appris ce mercredi de source digne de foi. Mais les secours tardent encore à arriver et les gens en souffrent énormément.

Pris au piège par la montée des eaux, de nombreux gens ont été obligés de rester pendant plus de 48 heures sur le toit de leurs maisons. Sous la pluie et sous le vent. Difficile de l'imaginer, pourtant ce fut la réalité dans plusieurs villes du pays, notamment aux Gonaïves où les pertes causées par Hanna sont énormes. Avec déjà plus d'une vingtaine de morts recensées, dont un bébé de six mois - selon ce que rapportent les autorités locales -, alors que les recherches se poursuivent, la troisième ville du pays est à nouveau détruite quatre ans après le passage de la tempête tropicale Jeanne qui avait fait plus de 3000 morts en 2004.
Les habitants ont pratiquement tout perdu : leurs proches, leurs maisons, leurs meubles, leurs jardins, leurs animaux, etc. « Les habitants ont à nouveau tout perdu, l'eau a tout emporté sur son passage », se désole le maire des Gonaïves, Stéphen Moïse, qui a vu sa commune se transformer en une gigantesque piscine d'eau sale.
Impuissantes devant les ravages causés par Hanna, les autorités locales crient au secours. Malgré la bonne volonté des responsables de la direction de la protection civile, des zones demeurent jusqu'à présent inaccessibles, faisant ainsi obstacle aux interventions des secouristes.
Dans le Sud, la situation n'était pas meilleure. Presque toutes les communes de ce département ont été sous les eaux. Le bilan provisoire fait état de 11 morts, plusieurs disparus et plusieurs blessés. Des plantations ont été totalement ravagées, des tronçons de route ont été coupés et un nombre important de maisons ont été détruites, soit par les eaux en furie ou par le vent. « Même les zones qui, dans le passé, n'ont jamais été inondées étaient sous les eaux », a rapporté le responsable de la protection civile de la métropole du Sud, Renan Vallièrres.
A Fonds-Verette, presque tous les toits des maisons ont été emportés par les vents forts. Même le toit d'un immeuble servant d'abri provisoire n'a pas pu résister à la rafale de vent qui s'est abattue sur cette ville qui porte encore les stigmates de la tempête tropicale Jeanne.
La tempête Hanna a causé également des dégâts considérables à Port-au-Prince où le mauvais temps persiste. Plusieurs résidences privées et des institutions publiques sont maintenant sans toits. C'est le cas de l'école nationale Thomas Madiou, sise à la rue Paul VI (rue des Casernes), qui risque de ne pas ouvrir ses portes la semaine prochaine à l'occasion de la nouvelle rentrée scolaire si rien n'est fait en vue de la doter d'un autre toit.
Incapables de résister à la violence de cette tempête, des arbres géants sont tombés dans plusieurs rues de la capitale et ont endommagé certaines maisons, notamment à la rue Magloire Ambroise. Il faut signaler que les employés du ministère des Travaux publics, Transports et Communication ont été à pied d'oeuvre dans la région métropolitaine, mercredi matin, en vue de déblayer les rues.
Alors que la population haïtienne patauge dans une situation de désolation après le passage de la tempête tropicale Fay qui a fait une quarantaine de morts il y a deux semaines, de l'ouragan Gustav qui a tué 77 personnes il y a huit jours et de Hanna qui continue de balayer le pays, Ike et Joséphine pourraient se diriger bientôt vers Haïti. Ayant été formées dans l'Atlantique, ces deux autres tempêtes tropicales pourraient devenir des ouragans mercredi ou jeudi, selon les prévisions météorologiques.
Entre-temps, l'alerte rouge aux orages et aux vents violents est étendue sur les départements du Nord-est, du Nord, du Nord-ouest, de l'Artibonite, du Sud, du Sud-est et des Nippes, et l'intensité orange est maintenue pour les départements de l'Ouest, du Centre et de la Grand'Anse. « La situation climatologique du pays n'est pas encore stable », a rappelé le Centre national de météorologie (Cnm), indiquant que la vigilance est toujours de rigueur.
Selon les responsables du Cnm, le centre de la tempête tropicale Hanna a été localisé à 20,6 degrés de latitude nord et à 71,8 degrés de longitude ouest, soit à environ 130 km au nord de la ville de Fort-Liberté. Hanna s'est déplacée mercredi vers le Nord à 9 km/h. « Le centre de la tempête tropicale Hanna commence à s'écarter lentement des côtes nord d'Haïti. Cependant, des activités de pluie et d'orages sont encore prévues sur nos départements », prévient le Cnm.
Source: Le Nouvelliste