En moins d'une semaine, neuf maisons ont été inondées, trois autres totalement ensevelies sous des tonnes d'alluvions et des dizaines d'autres risquent de s'effondrer. Les pertes en vies humaines sont évidentes à Philippeau.
Les habitants de Philippeau, notamment ceux qui ont construit leurs maisons sur les pentes calcaires fragiles et à la croisée des ravins, devraient garder l'oeil grand ouvert pendant la saison cyclonique. En moins d'une semaine, neuf maisons ont été inondées et trois autres ensevelies sous des tonnes d'alluvions en provenance de Jalousie.
Des dizaines d'autres, situées sur le flanc des mornes de ce vaste bidonville, courent le même risque. « Le danger devient de plus en plus imminent avec les pluies diluviennes qui s'abattent sur Port-au-Prince depuis deux semaines. En moins d'un mois, les alluvions ont augmenté de plus de 2,5 mètres et ont détruit plusieurs maisons », a indiqué Cernier Délice, un habitant de la zone.

Le visage abattu, James Pétion, assis sur un pan de mur, nous montre du doigt son logis totalement inondé. Le technicien en ferronnerie, qui utilisait le toit de sa maison pour gagner sa vie, ne peut plus fonctionner depuis plus de dix jours. « Lundi dernier, j'ai dû abandonner ma maison en compagnie de mes quatre enfants. Je ne savais pas que l'eau pouvait me causer des ennuis », explique-t-il. N'était la générosité de quelques voisins, il aurait perdu ce jour-là des pièces et matériels importants. Par prudence, il ne dort plus chez lui depuis les intempéries. « Mes enfants et moi, nous venons ici au cours de la journée. Le soir, nous allons dormir ailleurs », dit-il.

La menace que représentent le ravin de Philippeau et les tonnes d'alluvions qui déambulent chaque jour n'inquiètent pas tout le monde. Bon nombre de ceux qui habitent les cahutes refusent jusqu'ici de laisser leurs maisons, alors que la pluie continue à tomber. « Mon voisin a abandonné sa maison, il y a quelques semaines. Moi, je n'ai pas d'autre endroit où aller », se contente de dire Sylvia Délice, bien que l'eau ait déjà envahi sa maison à plusieurs reprises.
Les pertes en vies humaines demeurent donc évidentes à Philipeau. Des responsables du Comité de soutien pour le développement et l'épanouissement de Philipeau (COSODEP) continuent d'appeler les citoyens à la vigilance, mais ne peuvent grand-chose pour prévenir les catastrophes imminentes dans ce vaste bidonville de Pétion-Ville.
Source: Le Nouvelliste