Il n'y a pas une seule région du pays où les gens n'appellent à l'aide des autorités après le passage de Fay, Gustav, Hanna et Ike qui ont littéralement mis Haïti à genoux. Après Gonaïves, Cabaret, les Cayes, il y a aussi les départements des Nippes, du Nord-Est, du Nord, du Centre qui ont besoin d'aide. Bref, tout le pays.
L'exécutif a bien fait de décréter l'état d'urgence sur tout le territoire national avec les innombrables doléances qui viennent des différents départements du pays après le passage des tempêtes tropicales et ouragans Fay, Gustav, Hanna et Ike. Dans les Nippes, des zones qu'on croyait moins affectées par les intempéries crient haut et fort leurs déboires et appellent à l'aide des autorités concernées. « Depuis le passage des intempéries, ni le député de la zone, ni le maire, ni aucun autre membre du gouvernement n'a mis le pied ici », a déclaré le pasteur Edner Boucher, directeur de l'Ecole nationale mixte de Petite-Rivière de Nippes.

Pourtant, dit-il, la commune serait l'une des régions du département des Nippes à être sérieusement saccagée par les dernières tempêtes tropicales. A l'entrée de la ville, la rivière Tertulier empêche jusqu'à présent la circulation des véhicules. Il n'y a pas eu de morts et de disparus dans la commune, mais les citoyens ont essuyé des pertes énormes en termes de production agricole et d'élevage. « C'est une année de récolte pratiquement perdue. Le vent et les pluies diluviennes ont détruit les plantations agricoles et emporté des têtes de bétail », a expliqué le pasteur dans une interview accordée au journal Le Nouvelliste.
Le secours viendra d'en haut
Comme dans d'autres régions du pays, Petit-Trou de Nippes a été coupée du reste du pays suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur le département des Nippes. La ville n'est accessible que par motocyclette alors que les habitants, notamment les 500 familles sinistrées suite aux intempéries, attendent chaque jour l'aide du gouvernement. Il faut dire que c'est seulement par voie aérienne que les autorités gouvernementales pourraient atteindre Petit-Trou de Nippes.
« Le ministre de l'Intérieur m'avait dit que l'aide arrivera peut-être au cours du week-end à Petit-Trou de Nippes par hélicoptère, car la route est jusqu'à maintenant impraticable », a indiqué le député de la 3e circonscription de l'Anse-à-Veau, Lamy Pressoir Germain. La situation pourrait même empirer avec la pluie qui tombe depuis vendredi matin sur la ville. « Je crains que la rivière Simontine ne déborde. Ce serait alors un véritable désastre », a souligné M. Germain.

Il n'y a pas que les Nippes. L'aide humanitaire n'arrive pas encore dans certaines communes du Nord-Est, du Nord et du Centre. Pourtant, le bilan des autorités municipales de Fort-Liberté, du Trou-du-Nord, de Capotille, de Vallières, Hinche, Mirebalais, Plaisance, Pilate et Limbé fait état des dégâts considérables. Les maires Moïse Charlevier, Adrien Louis, Rénold Altidor, Lochard Laguerre - pour ne citer que ces autorités-là - tirent tous la sonnette d'alarme. Ils disent attendre l'intervention des autorités centrales afin de venir en aide aux sinistrés qui vivent dans des conditions difficiles.

« Les personnes hébergées abandonnent petit à petit les abris provisoires par manque d'assistance », a affirmé Jacques Gustav Edil, maire adjoint de Trou-du-Nord (Nord-Est). Dans cette commune où vivent environ 70 000 habitants, deux écoles nationales ont été endommagées - précisément à Roucou et à Roche-Plate, 2e et 3e section -, plus d'une soixantaine de maisons ont été abîmées, des jardins ont été ravagés et des dizaines de familles sont sinistrées.
« Des rapports ont été acheminés récemment aux responsables de la protection civile et, jusqu'à maintenant, nous attendons l'intervention de ces derniers », a dit Renold Altidor, maire adjoint de Vallières, une commune où des maisons ont été inondées et des tronçons de route endommagés lors du passage des récentes tempêtes tropicales. A en croire les autorités locales, les populations des départements sus-mentionnés souffrent amèrement et attendent l'aide humanitaire en toute urgence.
Chose certaine, en votant une loi sur l'instauration de l'état d'urgence, il y a moins de huit jours, sénateurs et députés ont donné pleins pouvoirs à l'exécutif pour venir en aide aux victimes de Fay, Gustav, Hanna et Ike. Cela dit, que les sinistrés soient assistés!
Source: Le Nouvelliste