Paraphé il y a deux ans, le programme Petrocaribe lancé par le président vénézuélien Hugo Chavez parait comme une panacée aux autorités haïtiennes contraintes de réparer les dégâts causés par une série de tempêtes et d'ouragans. Les fonds qui y seront puisés pourront aussi aider à atténuer la famine post-cyclonique.
Quelque 200 millions de dollars incessamment seront décaissés par les autorités haïtiennes pour réparer les dégâts causés par les meurtrières tempêtes Fay, Gustav, Hanna et Ike qui ont ravagé les plantations ainsi que les modestes infrastructures dont disposait Haïti. « Ce montant nécessaire aux multiples interventions est disponible. Il sera puisé dans les ressources générées dans le cadre du programme Petrocaribe », a rassuré le Premier ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis.

Le secteur agricole frappé de plein fouet par quatre récents cyclones - en moins d'un mois - sera le grand bénéficiaire des fonds d'urgence à utiliser de manière urgente sans passer par les procédures habituelles. Le Parlement, a précisé le chef du gouvernement, a récemment voté une loi sur l'état d'urgence qui autorise l'exécutif à délocaliser et/ou localiser des fonds en cas de catastrophes naturelles. « La majeure partie des infrastructures agricoles ont été endommagées », se plaint Joanas Gué, ministre de l'Agriculture et des Ressources naturelles. Pour assurer un certain niveau alimentaire dans les 4 ou 5 prochains mois, dit-il, le gouvernement fera l'acquisition de semences, d'engrais et d'outils agricoles à partir des 2 milliards 270 millions de gourdes allouées à son ministère dans le cadre du programme d'urgence. Un programme de vaccination du gros et petit bétail sera également mis en place par le ministère de l'Agriculture préoccupé, entre autres, par les périmètres agricoles irrigués ainsi que les berges et les ravines. Ces structures seront curées et protégées.

Le ministre de l'Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), Joël Desrosiers Jean-Pierre, a, pour sa part, annoncé la construction immédiate d'une trentaine d'écoles détruites par les tempêtes et les ouragans qui ont récemment balayé Haïti. Les locaux d'une centaine d'institutions scolaires endommagés, a indiqué le ministre Jean-Pierre, seront également réhabilités. Le programme de subvention scolaire géré dans le temps par la Primature est aussi rapatrié au ministère de l'Education nationale. « La subvention ainsi que les fonds alloués à ce programme sont rapatriés au MENFP », a indiqué le Premier ministre Pierre-Louis. Des dizaines de parents, au quotidien, font le pied de grue, depuis plusieurs semaines, à la Villa d'Accueil dans l'espoir d'obtenir une subvention en prélude à la rentrée scolaire différée à la première semaine d'octobre.

Les fonds décaissés à partir du programme Petrocaribe devront aussi aider les autorités haïtiennes à réhabiliter le réseau routier grandement affecté. Pas moins de trois ponts donnant accès au département de l'Artibonite ont été soit effondrés soit endommagés. Les interventions des compagnies de construction à pied d'oeuvre dans le réseau routier coûteront quelque 44 millions de gourdes à l'Etat haïtien. Une enveloppe de 36 millions de gourdes sera aussi attribuée au Centre national des équipements (CNE) pour aider à la réhabilitation du réseau routier. Jacques Gabriel, ministre des Travaux publics, a aussi annoncé des interventions dans le réseau électrique et le système d'eau potable très affectés par les intempéries.

Chaque commune, dans le cadre de ce programme coordonné par la Primature, recevra une enveloppe de 5 millions de gourdes. « L'Exécutif, prévient le chef du gouvernement, a l'obligation de rendre compte au Parlement dans le cadre de la loi récemment votée par les députés et les sénateurs. »
Source: Le Nouvelliste