Se rendre dans les départements des Nippes, du Sud, de la Grand'Anse et dans quelques communes du Sud-Est reste toujours un grand exploit. Même les poids lourds n'osent plus s'aventurer dans les eaux de l'étang de Miragoâne qui ont débordé depuis le passage de plusieurs ouragans et cyclones en Haiti. « Le niveau des eaux augmente chaque jour, constate un notable de Miragoâne. Aucun véhicule ne peut aujourd'hui le traverser. » Les efforts d'une équipe du CNE pour créer une route provisoire à partir de la 2e plaine (Petit-Goâve) n'ont pas encore abouti.

En attendant, riche ou pauvre, petit ou grand, homme et femme, tous ceux qui veulent se rendre dans le Grand Sud par voie terrestre doivent consentir à faire la traversée dans des embarcations de fortune préposées à cet effet. Ceux qui veulent avoir les pieds secs sont transportés à dos d'homme avant d'être installés dans ces petites embarcations. 25 à 40 gourdes, c'est la somme à payer pour la traversée. Le trafic, constate un correspondant de presse, se fait sous les yeux vigilants des policiers nationaux.
La montée des eaux de l'étang, provoquée par les catastrophes naturelles qui ont récemment frappé le pays, a des conséquences graves sur les départements des Nippes, du Sud et de la Grand'Anse. « Les prix de certains produits de première nécessité grimpent, se plaint un confrère d'une station de radio des Cayes. Les produits pétroliers ainsi que des articles de toilettes deviennent non seulement chers mais aussi rares. »
Cette situation a déjà des impacts sur le transport en commun. A cause du prix du carburant, a ajouté notre confrère, bon nombre de conducteurs immobilisent leurs véhicules ou leurs motocyclettes. Les institutions publiques ou privées fonctionnant à l'aide de l'électricité, notamment les médias et les hôpitaux, peinent à fonctionner. « Comment demander à un étranger de venir investir dans un tel climat», s'interroge, perplexe, l'industriel Pierre Léger.