Une recontre avortée à cause de l'absence du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Joseph Manès Louis. Une autre date est fixée."L'affaire Sandro Joseph" et ses rebondissements intéressent la commission justice et sécurité publique du Sénat.
Le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Joseph Manès Louis, n'aurait pas reçu la correspondance l'invitant à accompagner le ministre de la justice a.i, Michèle D Pierre-Louis, à la rencontre avec la commission justice et sécurité publique du Sénat, le mardi 14 octobre 2008. Cette réunion, qui doit se tenir autour de l'installation du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et du dossier brûlant du patron de l'ONA, Sandro Joseph, objet d'un mandat d'amener du parquet pour blanchiment d'argent, est fixée au jeudi 16 octobre, selon le sénateur Youri Latortue.

Ces derniers jours, les multiples rebondissements dans « l'affaire Sandro Joseph » font les choux gras de la presse. Le samedi 11 octobre 2008, sur Radio Kiskeya, le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Joseph Manès Louis, a quelque peu « surpris » en indiquant que ce n'est que maintenant, et non jeudi dernier, qu'un mandat d'amener a été décerné contre le directeur général de l'Office national d'Assurance vieillesse (ONA), Sandro Joseph.
La police, a-t-il poursuivi, a pour instruction de l'appréhender et de le conduire au parquet. Epinglé dans un rapport de l'ULCC pour blanchiment d'argent, le patron de l'ONA, selon Joseph Manès Louis, n'a jusqu'ici répondu à aucune invitation du parquet. Le successeur de Claudy Gassant, qui veut vraisemblablement aller jusqu'au bout, a cependant entretenu le flou sur le « sort » de Sandro Joseph.
Contre-attaque. Refusant le mutisme, Sandro Joseph contre-attaque. Dans un communiqué de presse, il a qualifié la descente du parquet et d'une vingtaine de policiers de la DCPJ à l'ONA de grossière. « Le siège central de cette institution publique a été grossièrement violé avec l'irruption, dans ses différents bureaux, de plus d'une vingtaine de policiers lourdement armés et encagoulés venus de la DCPJ, accompagnés d'un substitut du commissaire du gouvernement ainsi que d'un juge suppléant de Delmas », a-t-il écrit.

Enfonçant le clou, il a souligné que tous les employés de la comptabilité et le chef de service de rémunération ont été victimes de séquestration, de tortures et ont reçu des menaces. Cet acte, a-t-il ajouté, est attentatoire à l'ordre et à la sécurité publique. «Les avocats de l'ONA sont autorisés à engager par-devant les juridictions compétentes toutes actions correctives et réparatrices afin que, tant pour le présent que pour l'avenir, la force aille toujours au droit et à la loi », a-t-il conclu.

Une autre contre-attaque. Dans une lettre adressée au Premier ministre et ministre de la Justice, Michèle D. Pierre-Louis, Judith Drouillard Benoît, l'ex-compagne de Sandro Joseph, accuse l'ex-commissaire du gouvernement, Claudy Gassant, de harcèlement sexuel. « J'ai été l'objet de harcèlement sexuel de la part du sieur Claudy Gassant qui, de façon malhonnête, a fait état dans le cercle de ses amis de prétendues relations sexuelles qu'il aurait eues avec moi, ce qui m'a causé de très graves problèmes avec le père de ma fille, Monsieur Sandro Joseph », a révélé Judith D. Benoît.

« Par la suite, a-t-elle enchaîné, je suis allée au parquet pour porter plainte contre une dame qui entretenait des relations amoureuses avec le même Sandro Joseph et qui, par jalousie, m'avait menacée de mort. Confiante dans la Justice de mon pays, j'ai donc porté plainte au parquet pour menaces de mort sur ma personne, et Monsieur Claudy Gassant, toujours en poste au parquet à l'époque, et ne pouvant pas transcender sa hargne et son esprit de revanche, a saisi l'occasion pour utiliser sa fonction et chercher à nous nuire, Monsieur Sandro Joseph et moi-même. Et c'est là que tout a commencé. »

Plus loin, elle a révélé que : « Le sieur Claudy Gassant continue de m'appeler de la République dominicaine, au cours de mes déboires, pour m'inviter à le rejoindre, prétendant que, de là étant, il pourrait tout régler et faire classer le dossier ; il a même ajouté que si je ne le rejoins pas, je serai arrêtée ». Judith Drouillard Benoît a indiqué que ses relevés d'appels reçus à la Digicel peuvent en témoigner, en portant plainte « formellement contre le commissaire du gouvernement, Monsieur Joseph Manès Louis et contre Monsieur Claudy Gassant, pour abus d'autorité, diffamation, etc.»

Selon certains parlementaires, il faut faire la lumière sur l'ensemble de cette affaire qui affaiblit l'Etat. Visiblement en faveur du patron de l'ONA, Sandro Joseph, ils critiquent vertement la descente de la DCPJ et d'un substitut, le 9 octobre, au siège de cette institution. Sandro Joseph, depuis le début de cette saga à rebondissements, a toujours clamé qu'il est victime d'une machination politico-judiciaire. A quand le prochain épisode ? On ne le sait pas. Entre-temps, des observateurs appellent à un audit de l'ONA. La CSC/CA, selon le sénateur Youri Latortue, doit faire un audit de cette institution importante de la sécurité sociale.
Source: Le Nouvelliste