Les Pères Fondateurs de la République n'ont pas laissé de références écrites autour de la genèse du bicolore national ; ils étaient engagés dans la guerre de l'Indépendance et mettaient en place des préparatifs et stratégies de lutte contre la puissante armée française qui voulait rétablir l'esclavage à Saint-Domingue (Haïti) ; une guerre contre le colonialisme. A l'origine de l'étude sur le Drapeau Haïtien, l'histoire d'Haïti mentionne trois sources principales qui avaient fait allusion au drapeau des combattants de la liberté.
GENÈSE
- Une carte en couleurs de l'Etat-major français. Cette carte fut dressée peu avant la prise de Jacmel, le 27 septembre 1803, par Rochambeau. Elle dévoilait les positions de l'armée indigène et celles de l'armée française autour de la ville ; ces positions étaient révélées par des drapeaux bicolores (bleu et rouge, et noir et rouge) pour les noirs, et par le tricolore (bleu, blanc, rouge) pour les blancs.
Cette carte faisait partie d'un stock de documents sur Rochambeau et appartenait au sociologue américain Maurice de Young, professeur à l'Université de Floride ; François Duvalier en fit l'acquisition après son avènement au pouvoir.
- Le carnet de Laurore Lemaire, secrétaire de Lamour Desrance. Ces notes furent utilisées par St-Rémy des Cayes dans Pétion et Haïti. Lamour Desrance ne voulait pas reconnaître l'autorité de Dessalines en tant que général en chef de l'Armée Indigène.
- Le rapport du capitaine français Yves Marie Bot à l'amiral Latouche-Tréville concernant l'événement du 18 au 19 mai 1803.
Quatre barges sortant de l'Arcahaie furent repérées par un navire français entre le Boucassin et Léogane. Au cours du combat, trois d'entre elles réussirent à s'enfuir et une fut capturée ; l'une des ces barges, voulant couvrir le commandant Cangé qui laissait l'Arcahaie pour retourner à Petit-Goâve, entra en confrontation avec un vaisseau français ; dans ce combat, Laporte se distingua héroïquement en coulant lui et le bateau pour ne pas tomber pas aux mains de l'ennemi, ralentir la marche de la marine française et protéger ainsi la fuite de Cangé.

Le seul survivant de l'équipage, un nommé Jean-Pierre, nègre congo et marin de profession, fut blessé à la tête. Sous interrogation, il avoua que ces barges étaient commandées par Jean Félix, une autre par Jean Louis, la troisième par Laporte et la quatrième par Nicolas. Jean-Pierre confirma de même la présence du général Cangé et d'un colonel dans l'une des barges qui s'étaient échappées ; ils avaient quitté l'Arcahaie pour se rendre à Petit-Goâve. Ce fut à partir de cette interrogation de Jean-Pierre que Bot fit son rapport : le rapport indiquait aussi qu'une des barges contenait « un pierrier et neuf fusils en mauvais état, ainsi qu'un pavillon de couleur rouge et noire, ayant l'inscription de Libre ou Mourir ».

En dehors de ces têtes d'affiches, une certaine interprétation voulut insinuer que notre bicolore fut d'inspiration britannique juste parce que le commodore anglais Loring, passant entre le Cap et Port-de-Paix, vers septembre 1803, eût remis un bicolore à Capois. N'importe quel officier visitant pourrait, comme une courtoisie, offrir un drapeau - bicolore ou autres - à l'hôte du moment. C'était un geste courant facilitant les reconnaissances et échanges réciproques.