Dans un espace de 13 jours, c'est-à-dire, du 20 février au 3 mars 2006, de nombreux actes de sabotages (coupures, enlèvements,etc.) ont été enregistrés au niveau du réseau filaire de la compagnie de téléphonie publique, la Téléco, dans plusieurs régions de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, notamment Bon Repos, Turgeau, Laboule, Delmas, Carrefour, Pétion-Ville, Parc industriel, a déclaré, vendredi dernier, le directeur général de la Téléco, Guy Beauduy lors d'une rencontre avec la presse.
Un des circuits les plus touchés par ces actes de sabotage, demeure le circuit de bourdon où se trouve la résidence de l'Ambasadeur des Etats Unis qui a subi quarante (40) coupures au cours de ces quatre (4) derniers mois, signale M. Beauduy qui a mentionné également des actes de piratage sur le réseau de la Téléco.
Le directeur général de la Téléco a aussi énuméré des cas où des individus mal intentionnés emportent des câbles en cuivre appartenant à la compagnie pour les revendre par la suite à des entrepreneurs qui le réexportent à leur tour.
Tout en affirmant ne pas détenir de preuves suffisantes pour accuser formellement un secteur de la population, le directeur général de la compagnie téléphonique nationale dit reconnaitre que ces actes de sabotage, de part leur extension sur tout le territoire national, ne sont pas le fruit du hasard.
''L'expérience a démontré que chaque fois qu'un nouveau concurrent se pointe sur le marché haïtien, comme par magie, le volume des cas de sabotage des cables de la compagnie publique augmente démesurément'' a fait remarquer Guy Beauduy, selon lequel, ces actes répétés de vandalisme seraient perpétrés au profit d'autres compagnies afin de mettre la Téléco dans l'impossibilité de satisfaire la demande de sa clientèle et de continuer à lui offrir un service de qualité.
Malgré l'insistance des journalistes présents à cette conférence qui voulaient de plus amples informations sur les compagnies téléphoniques privées qui seraient impliquées dans ces actes, M. Guy Beauduy n'a rien pipé. Toutefois, quand il a été question des institutions ayant de grosses redevances envers la Téléco, ce dernier n'a pas omis de citer la Haitel qui, dit-il, n'a pas encore verser un centime du contrat de 15 millions de dollars américains qu'elle a conclu avec la Téléco.
Face à tous ces actes qui menacent la survie de l'institution, le directeur général de la Téléco a fait appel au patriotisme, au sens pratique de tout un chacun et en particulier des institutions responsables de la protection du patrimoine de l'Etat haïtien, dont la Police nationale, afin d'aider la compagnie à protéger son réseau téléphonique pour pouvoir continuer à servir la population.
Le Nouvelliste