À la recherche du blanc perdu
Au début, quand les premiers kits de blanchiment à domicile sont apparus dans les pharmacies, les grandes surfaces et sur les sites Internet, les dentistes n?ont rien trouvé à redire. Après tout, ces produits en libre-service ne renfermant que de faibles concentrations d?actif ? de 3,5% à 6 % de peroxyde d?hydrogène, contre 20% à 35 % dans les formules réservées à l?usage professionnel ? ne faisaient guère courir de risques, si ce n?est celui de ne pas tenir leurs promesses ! En outre, le blanchiment sur mesure n?étant pas à la portée de tous les budgets ? de $200 à $1,200, selon la technique (et la notoriété) du dentiste ?, il aurait été impopulaire de s?opposer à la commercialisation de la version prête à l?emploi (de $15 à $60 le kit). Mais, depuis quelque temps, les praticiens ne sont plus aussi bienveillants : ? Ce ne sont pas tant les produits qui sont en cause, mais l?usage excessif qu?en font certains ?, assure le Dr Philippe Gateau, maître de conférenceS des universités. Le peroxyde d?hydrogène a en effet tendance à attaquer légèrement la surface de l?émail. Et pour qu?elle se reminéralise, il faut compter une quinzaine de jours en moyenne. Or, pendant toute cette période, le brossage quotidien use un peu plus cette surface déjà fragilisée. Du coup, l?émail, plus poreux, se colore plus facilement au contact du tabac, du thé, du café et des boissons à base de cola.


? Au cabinet, nous pouvons mettre en garde nos patients et leur expliquer ce qu?ils doivent faire pour obtenir un résultat durable, explique le Dr Gateau. Nous pouvons aussi maîtriser l?ardeur des accros au blanchiment qui nous demandent d?enchaîner les traitements ; vérifier qu?il n?y ait pas de contre-indication ; avertir des limites de la méthode ? elle n?agit pas sur certaines colorations ni sur les composites ?, ce qui évite bien des mauvaises surprises. Mais avec les kits, ils font ce qu?ils veulent, quand ils veulent et, surtout, autant de fois qu?ils le veulent ! ?


À multiplier les cures de blanchiment, ils augmentent tout simplement le risque de caries, la couche d?émail ne suffisant plus à remplir son rôle de bouclier. Un conseil : pas plus de deux traitements par an s?il s?agit de blanchiment en kit et un tous les deux ans s?il est supervisé par le dentiste. Et, dans tous les cas, bannir le tabac, les boissons et les aliments colorants ainsi que les jus d?agrumes, trop corrosifs, pendant les deux semaines qui suivent...