Quand les composites sont arrivés dans les cabinets, leur succès n?a pas fait un pli. Et pour cause : ce ?plombage blanc? constitué de résine et de microparticules de quartz ? pour qu?il résiste à l?usure ? se fondait mieux dans le paysage que les anciennes obturations grisailles. On sait désormais que cette valeur ajoutée esthétique a un revers de médaille. ?
La manipulation de ces matériaux modernes exige une technologie pointue et un protocole long et délicat, reconnaît le Dr Gateau. Si le système n?est pas posé dans les règles de l?art, il risque de ne pas être très jointif, créant une faille où les bactéries pourront se faufiler, ouvrant la voie à de nouvelles caries, plus proches encore de la pulpe.? On suppose donc que les dentistes opèrent avec une rigueur de circonstance...
?
Le problème est que l?assurance-maladie impose des tarifs tellement serrés qu?ils ne disposent pas forcément du temps qu?il faudrait pour travailler correctement, regrette le Dr Gateau. Mieux vaut donc réserver les composites aux dents très visibles ? comme celles du bas ? et se rabattre prudemment sur les obturations métalliques pour les zones non visibles. ?
L?or reste le matériau le plus adapté lorsque la cavité à combler est importante (inlay) ou lorsqu?il faut reconstituer une partie de la dent (onlay); l?amalgame, le plus solide pour les lésions moins importantes. Celui-ci peut en effet durer vingt ans, alors qu?un composite a une espérance de vie limitée à une dizaine d?années s?il est bien fait ou sinon, de six mois !
Ne dit-on pas, pourtant, qu?il faut se méfier du mercure présent dans les amalgames ? ?
Toutes les études montrent qu?il n?y a aucun danger, rassure, pour sa part, le Dr Gateau. Le seul moment où justement il y a risque, c?est lorsqu?on les retire : des vapeurs de mercure peuvent s?échapper lors de cette manipulation et être absorbées par le patient".