Du 4 au 11 mars 2007, aura lieu à Port-au-Prince la première édition du Festival International de Jazz réunissant seize groupes musicaux. Ce festival sera organisé au Parc Historique de la Canne à Sucre, à l'Institut Français d'Haïti et au Champ de Mars.
Le lancement de ce Festival International de jazz est prévu pour le dimanche 4 mars, à 6h p.m., au Parc Historique de la Canne à Sucre. De grosses pointures du monde musical haïtien comme Boulo Valcourt, Pierre-Rigaud Chéry, Ginou Oriol et Réginald Policard sont les premiers jazzmen qui auront à marquer en beauté cette soirée.
De Valcourt à Policard: une première nuit jazzée
Boulo Valcourt, c'est un monde. C'est une figure prometteuse de la musique haïtienne. Au cours de ses séjours aux Etats-Unis, l'artiste a été profondément marqué par le registre jazz de la musique américaine, qu'il mêle allègrement aux rythmes des tambours haïtiens.
Pierre-Rigaud Chéry revient sur scène avec une nouvelle formation dont le nom évoque l'or musical : "18 Karats". Le musicien s'inspire du genre rara traditionnel et de la musique jazz, alliant des mélodies aux rythmes bercés par la guitare et par des percussions.
La diva du jazz haïtien, Ginou Oriol, revient, un an après le "Festival Cultur-Elles" en 2006, au pays natal pour cette première édition. Elle chante différents registres: opéra, gospel et surtout du jazz.
Le globe trotter, Réginald Policard, est un artiste au talent remarquable. Que ce soit avec ses anciennes formations, Sugar Jazz et le célèbre Caribean Sextet ou seul à son piano, ce musicien fait partie des jazzmen haïtiens ayant effectué le plus de tournée à l'étranger.
Suite à la première nuit jazzée du Parc de la Canne à Sucre, sept autres vont suivre avec Akajou, Badji de Turgot Théodat, Claude Carré, Marc Richard, The Handmade Quartet, Ruthe London, Francisco Molina, Mozayik, Buju Ambroise, Tantra Jazz, Christine Jensen, Mario Canonge Trio. Des nuits à couper le souffle. Bien sûr, tous les mélomanes auront leur part.
Une porte ouverte sur des formations musicales Espace d'ouverture, ce festival doit contribuer à la promotion de la culture haïtienne dans sa globalité, en revalorisant une de ses composantes essentielles: la musique jazz. Cet événement culturel se veut être, précise Kalinda Magloire de l'ambassade du Canada, à la fois "un témoin de la vitalité du jazz haïtien et une porte ouverte sur des formations venues du monde entier".
Selon Yves Latortue du ministère de la Culture et de la Communication, l'idée de réaliser à Port-au-Prince ce festival de jazz a vu le jour sous l'impulsion de l'ambassade du Mexique, de l'Institut Français d'Haïti et du musicien de renom Joel Widmaïer. Le Brésil, le Canada, l'Espagne, les Etats-Unis, la France, le Mexique, la Fondation Valério Canez et le ministère de la Culture s'associent à eux pour organiser cette première édition.
De son côté, le directeur de l'Institut Français d'Haïti, Paul-Elie Lévy, informe que seize groupes musicaux sont invités à participer à cet grand événement culturel. M. Lévy ajoute que "c'est la première fois que des artistes, des ambassades et le ministère de la Culture sont fédérés pour organiser ce festival".
Chaque ambassade a la charge de présenter, au cours de cette manifestation culturelle, un artiste (ressortissant) de son pays. Le ministère de la Culture et de la Communication et la Fondation Françoise Canez Auguste apportent leur soutien financier aux groupes musicaux haïtiens vivant tant à l'étranger qu'en Haïti.
Vers l'institutionalisation du festival de jazz de Port-au-Prince
« Le Port-au-Prince Jazz Festival », selon la déclaration du comité d'organisation, est voué à devenir un rendez-vous régulier de la scène musicale haïtienne. Ce comité deviendra une structure permanente chargée d'organiser annuellement cette manifestation.
L'argent des places vendues au cours des éditions précédentes sera systématiquement réinvesti par le comité pour les années suivantes. Des recettes qui seront utilisées comme le premier budget de fonctionnement pour la structure organisatrice permanente, assurant ainsi le suivi et la pérennité de cette initiative.
Une manifestation de cette envergure donne la chance aux jazzmen haïtiens de talent, pour la plupart à l'étranger, d'être connus dans leur propre pays. Elle favorise la rencontre entre artistes de cultures différentes dans une perspective d'échanges artistiques.
Source: Le Nouvelliste