Le quintet magique conduit par Réginald Policard a envouté le public à l'Institut Français. Sous la pluie, les mélomanes restaient debout pour écouter du jazz.
A la une de notre page culturelle, dans l'article titré « Feeling jazz » publié dans le numéro 37577 du mardi 6 mars, des erreurs se sont glissées. Le guitariste français Thierry Martinez sur la photo aux côtés de Turgot Théodat a été pris pour « Claude Py » de même que le chanteur Stanley Georges, performant sur la scène de l'Institut Français au festival de jazz de Port-au-Prince, pour « Charles Georges ».
A la deuxième soirée de jazz, à l'Institut Français d'Haïti, nous avons rencontré Thierry Martinez, le guitariste français qui tient à son origine marseillaise. Il nous a fait savoir qu'il a rencontré Turgot Théodat à Marseille. Et depuis plus de sept ans, quand l'occasion se présente, ils collaborent.
Le Festival de jazz de Port-au-Prince a donné l'occasion à Martinez de fouler pour la première fois le sol d'Haïti.
Les deux professionnels, lorsqu'ils mélangent leur style, jouent des musiques où se profilent les rythmes jazz aux saveurs latines : la Bossa Nova, la Samba, le Bayon et le Shoot. « Le Shoot », a fait remarquer le guitariste, est proche du Reggæ ». Ils expérimentent aussi les musiques traditionnelles haïtiennes.
Sur la cour de l'institut où performaient Claude Carré et Réginald Policard, Martinez nous a confié qu'il a lancé un album en duo avec la chanteuse Anne Chorpio. Cet album expérimental a été produit en un nombre réduit d'exemplaires et n'a pas encore franchi les frontières de l'Hexagone, a-t-il dit.
Martinez se produira à nouveau le samedi 10 mars au Parc Historique de la Canne à Sucre.
A la soirée du mardi 6 mars, le quintet de Policard s'est révélé carrément magique. Le jazz, sous la pluie, a retenu le public. Les gens trémoussaient sous les accords de piano de Policard, ils prenaient feu sur le rythme trépidant du batteur Joël Widmaïer ; la trompette de Jean Case, lyrique, berçait l'assistance ; le tambour de Wesner St-Louis « ti West » faisait vibrer l'âme ; la guitare de Richard Barbot exécutait des passerelles rythmiques d'un instrument à l'autre.
C'était plaisir d'entendre mourir les notes des « Feuilles mortes » sur le piano de Policard et exaltant de revivre « Rivière froide », « Deside w », « All blues » avec ce quintet en or.
Claude Carré nous a permis de revisiter les chansons traditionnelles haïtiennes adaptées à sa technique moderne qui s'attache si bien au jazz.