Harry Potter et l'Ordre du Phénix" est le cinquième volet de la saga imaginée par J.K.Rowling. Son héros, tourmenté par les forces du mal, apparaît plus sombre. Film dramatique de David Yates, avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint, Ralph Fiennes, Helena Bonham Carter. Durée : 2 h 17.
« Harry Potter et l'Ordre du Phénix » est le cinquième volet de la saga imaginée par l'écrivain J. K. Rowling. Il apparaît plus sombre, avec un héros tourmenté par les forces du mal.
« J'AI PASSÉ une partie de mon enfance et toute mon adolescence avec Harry Potter, alors, évidemment je lirai avec beaucoup d'émotion et d'attention chaque mot écrit par J. K. Rowling lorsque paraîtra Harry Potter et les reliques de la mort, le septième et dernier roman de la saga », nous confiait, à Londres, Daniel Radcliffe qui fêtera ses 18 ans le 23 juillet, deux jours après la parution du roman en langue anglaise. « Deux personnages principaux vont mourir », ajoute-t-il, plus du tout aussi sûr de la mort de Potter.
S'il n'est pas encore question de connaître le dénouement, le cinquième volet de la série, Harry Potter et l'Ordre du Phénix, réalisé par David Yates, sort demain sur les écrans. Une oeuvre de transition, plus sombre, dans laquelle Harry, tourmenté par les forces du mal et les affres de l'adolescence, risque d'être renvoyé de Poudlard pour exercice illégal de la magie.

Sauvé de justesse grâce à l'intervention de Dumbledore, il sent que son destin est de plus en plus lié à celui de Voldemort. « Le ministre de la Magie, qui se croit menacé par Dumbledore, cherche à minimiser le danger, mais Harry sait que Voldemort gagne en puissance », explique le producteur David Heyman, 45 ans, qui avait eu l'instinct sûr en achetant les droits de la saga en 1997, avant même la parution du premier roman. « Je venais de fonder ma maison de production, on m'envoyait toutes sortes de manuscrits. Je suis tombé sur Harry Potter à l'école des sorciers que j'ai lu d'une traite. » Il a toujours travaillé en étroite collaboration avec J. K. Rowling, détentrice de tous les secrets. « Elle est à la fois notre plus grande alliée et notre plus grand supporter. Nous lui envoyons les différentes moutures du scénario et elle nous répond par fax en effectuant si nécessaire des corrections. Nous avions, par exemple, éliminé un personnage - dont je vous tairai le nom -, mais elle nous a dit qu'il avait une importance capitale dans le dernier roman, nous l'avons alors bien sûr réintégré dans le récit. Elle connaît l'arbre généalogique de tous ses personnages même les plus secondaires. Elle a rempli de nombreux carnets de notes qui fourmillent de détails, dates anniversaires de mariages ou d'événements qui ne figurent pas dans ses livres. Elle a une connaissance parfaite de l'univers qu'elle a créé, c'est je pense, la clé de son succès. »


Une note plus contemporaine
David Heyman, deus ex machina qui a choisi tous les réalisateurs de la série - Chris Columbus, Alfonso Cuaron, Mike Newell -, a passé la baguette magique à David Yates, « un réalisateur brillant de la BBC qui apporte une note plus contemporaine à une histoire plus politique ». Cette fois, Harry Potter entre en résistance aux côtés d'Hermione (Emma Watson), de Ron (Rupert Grint) et d'autres camarades pour former L'Armée de Dumbledore, une organisation clandestine qui s'entraîne à lutter contre Voldemort et à déjouer les plans de Dolores Ombrage (Imelda Staunton), la dictatoriale nouvelle directrice de Poudlard, déguisée en bonbon rose anglais mais aux méthodes fascistes et sadiques.

« Potter a mûri, et mon jeu a suivi, évolué en profondeur, avoue Daniel Radcliffe. Je ne pense pas qu'on puisse dire que je me répète. » Les fans attendent, bien sûr, la scène du fameux baiser échangé avec Cho Chang. « Il nous a fallu seize prises ! » s'amuse Radcliffe, qui se souvient de son premier « vrai » baiser : « J'avais 14 ans, mais je tiens à souligner que je n'ai pas embrassé une des actrices de la série. » À presque 18 ans, le jeune homme, très pâle et frêle, pèse lourd en livres. D'après le classement du Sunday Times, sa fortune est estimée à 25 millions d'euros, ce qui en fait l'adolescent le plus riche du Royaume-Uni. « Depuis mes 17 ans, je peux disposer de mon argent. Jusqu'à présent, je n'ai rien acheté d'extraordinaire. Mais je m'intéresse à l'art et j'aimerais acquérir quelques belles pièces. Rupert, lui, vient de s'acheter un camion à glaces. Il m'étonnera toujours ! » s'exclame l'acteur, qui a tenté de casser son image d'apprenti sorcier en interprétant, nu sur une scène londonienne, Equus, la pièce de Peter Shaffer.

«J'avais besoin d'un vrai défi qui me donne confiance en moi et qui me désinhibe. L'objectif a été atteint ! Après deux soirs de pure terreur, la nudité est devenue presque naturelle, même si, avouons-le, on ne se trouve pas dans la situation la plus agréable du monde. » Dans quelques semaines, il posera ses empreintes sur Hollywood Boulevard - « Je ne mérite pas cet honneur, même si j'ambitionne d'avoir une carrière à la Gary Oldman ! » - avant de reprendre du service avec toute l'équipe dans deux mois pour le tournage de Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé.
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Harry Potter and the Order of the Phoenix (2007)

Ten days after Harry Potter and the Order of the Phoenix opens, the ultimate outcome of our hero's campaign against the nefarious Lord Voldemort will be revealed in the book world, where true Harry Potter fans reside. As trillions of readers are anxiously aware, J.K. Rowling's seventh and final installment will have to make good on the harsh prophecy that ''either must die at the hand of the other for neither can live while the other survives.'' In the movie world, meanwhile, the battle lines are just being drawn. Harry (Daniel Radcliffe) and his classmates Ron Weasley (Rupert Grint) and Hermione Granger (Emma Watson) are in their fifth year of study at Hogwarts School of Witchcraft and Wizardry. And the weight of responsibility being laid on Harry — now quite believably embodied by the increasingly chiseled 17-year-old actor as a teenager with all the moods that come with the hormones — is enough to darken this fifth movie interpretation decisively.

Gone are the childish diversions of Quidditch matches and other jewel-toned visual manifestations of magical thinking, and in their place is an attitude of grim, adult risk taking. Under the circumstances, assigning the project to British TV director David Yates, who won awards for the 2003 BBC political thriller State of Play, is a shrewd choice. (Screenwriter Michael Goldenberg is also a newbie to the Potter franchise.) This episode spends time with the student gang as they practice wand work and imprecations (''Stupefy!''), and pauses for a sweet kiss between Harry and Cho Chang (Katie Leung), whose shy smile first fogged the young wizard's glasses in Harry Potter and the Goblet of Fire. We also meet Luna Lovegood (Evanna Lynch), Harry's pale and empathic new friend, and Bellatrix Lestrange (Helena Bonham Carter), whose name suits this Azkaban Prison escapee's style but underplays her sadism.

But for all the action — and there's plenty of it, even if it's only a portion of what was crammed into Rowling's 870 pages — the most important stuff is what takes place in Harry's head, where troubling visions, intensifying in clarity and dread, attest to the young man's foretold connection to the evildoer most safely referred to as You-Know-Who. (You know who plays Voldemort, again, too: Ralph Fiennes, embracing his character's malevolent noselessness with regal delight.) And therein lies a conundrum — of busyness and waiting — that The Order of the Phoenix can't magically solve. The advances and setbacks pile up, but time hangs heavy. And that's even after Minister of Magic Cornelius Fudge (Robert Hardy) puts Harry on trial for illegally using magic outside of school and Hogwarts headmaster Albus Dumbledore (Michael Gambon) intervenes. After Harry's godfather, Sirius Black (Gary Oldman), entrusts his godson with new secrets. And after the students establish Dumbledore's Army in preparation for Voldemortian Armageddon.

In the midst of such earthbound preparations, though, an image of menace upholstered in pink arrives to rock wizards and Muggles alike: the deliciously named Dolores Umbridge. Bullheaded in his insistence that Voldemort has not returned (despite Harry's eyewitness report), Fudge installs Umbridge at Hogwarts to teach a strictly censored and quite useless version of Defense Against the Dark Arts. And she is as shockingly fascistic in her approach to old-fashioned values as she is amusingly dowdy. Rowling describes the woman's voice as ''fluttery, girlish, high-pitched.'' But a festive Imelda Staunton (memorably dressed in drab to star in Vera Drake) has other plans: Her showstopping Dolores slays her charges with pepperminty steeliness. ''Progress for the sake of progress must be discouraged!'' this educator from hell proclaims.

With her wardrobe upgraded to suits and pillbox hats that, in a blander color, might entice Queen Elizabeth II (the Umbridge hairdo appears to be a direct homage), the character is a Pepto-Bismol-tinted bolt of energy — and political commentary — inspiring grand gestures from her costars. When Staunton's Umbridge goes up against Maggie Smith's Professor McGonagall, it's a wonder the movie-set walls don't crumble. As that singularly acidic potions teacher Severus Snape, Alan Rickman responds to the new blood by lacing his sneers with an even more flavorful degree of sourness. The flourishes don't answer the question most on Potterites' minds — who lives, who dies? — but they briefly stupefy. B+