Si la méchanceté suffisait pour faire fortune, il y a beaucoup de journalistes qui seraient célèbres. Robert Ménard fait partie de ces individus qui mettent un acharnement personnel particulier à déformer la réalité de notre pays et qui ne peuvent dissocier action politique et lutte pour les droits de l'homme. Les rapports et les déclarations de Ménard, dont la partialité, la politique du deux poids deux mesures, voire l'esprit colonialiste sont archi-connus, n?ont qu?un seul but: ternir l?image de Haïti.. Il a dépassé aujourd'hui les limites du tolérable en cherchant à provoquer des troubles publiques en Haïti. Le scénario est désormais connu et bien rodé.Robert Ménard se cache derrière une organisation, qui a pour autant de nobles objectifs, et la transforme en une "propriété privée", corvéable et malléable suivant son humeur. Il en fait à la fois un piédestal politique, un fonds de commerce et un bouclier bien commode derrière lequel il assène des coups et espère ne pas en recevoir. Et si pour un oui ou pour un non, il devrait répondre de ses actes, il alerte tout le bataclan de courtisans ou de réseaux internationaux qui n'hésitent pas à voler à leur secours

Un profond sentiment de malaise me traverse quand je constate ce climat d'extrême banalisation de l?état face aux propos de Robert Ménard. Cette volonté de banalisation de faits aussi graves, cette nonchalance me donnent le sentiment d?avoir été trahi dans ma lutte pour le respect de notre cher pays. J'ai beaucoup de difficultés à comprendre cette nonchalance de l?état haitien, fut-elle justifiée par des considérations tactiques, quand nous savons pertinemment que cette main sauvage qui tient le fouet, est entraînée et protégée par une hiérarchie aveugle et sadique de plusieurs niveaux. Et elle continuera de sévir tant que nous tous, sa future victime, nous continuons à nous taire jusqu'à ce que notre tour arrive. L?état ne devrait pas tolérer des ONG qui sont devenues des excroissances légales de certains partis politiques qui ne voient qu?un seul moyen de s?accaparer du pouvoir que par le désordre. Robert Ménard doit être déclaré « persona non grata », car il provoque la déstabilisation de l?état haïtien.

Nous affirmons vouloir l?État de Droit. La presse, incontestablement, a déjà fait beaucoup pour cela. Il faut l?appuyer et la protéger en ce sens. Mais le droit d?informer, de critiquer, de prendre position ne justifie pas les mensonges, les coups fourrés, les opérations de déstabilisation (d?origine endogène ou exogène).

La mort du journaliste Dominique a rempli d?illusions la jeune démocratie haïtienne qui se découvre une face cachée hideuse, désillusions d'un paradis de la liberté d'expression qui perd la voix, désillusions d'une population qui doute de son système judiciaire. Depuis ce drame, des actions diverses ont été menées dans le but de faire pression sur la Justice en Haïti afin de faire aboutir ce dossier... brûlant. Mais je constate malheureusement que le dossier de Jean Dominique a pris un tournant passionnel, en témoignent les tensions sociopolitiques qui paralysent Haïti. Il convient de le vider de son contenu politique, de ce désir... de certains partis politiques appuyés de l?internationale de faire rendre gorge, coûte que coûte, au régime Lavalas. D'autres voies existent pour défaire un régime. Sans être la foi, la loi doit faire ses ablutions pour se laver les mains de toute velléité de partialité. L'avenir de notre système judiciaire se joue maintenant.
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