Here is Mr. Noisin's letter
Lettre à un ami, Gérard Latortue, devenu Premier Ministre.
UNIVERSITE ROI HENRI CHRISTOPHE
Cap-Haitien
Dr. Louis J. NOISIN
Président-Fondateur
1980
Lettre à un ami, Gérard Latortue, devenu Premier Ministre
Mon cher Gérard,
Avant que le démon de la politique ne me fasse perdre un ami qui m?est très cher, je préfère me retirer sur la pointe des pieds et laisser le champ libre aux faiseurs de Roi et aux destructeurs de royaumes.
Comme tu le sais, je suis responsable d?un Séminaire d?été sur Haiti à FIU et dont tu devais faire partie. Je voulais te voir pour t?en parler et te confirmer mon départ pour le lundi 31 mai. Je voulais aussi partager avec toi les remarques qui m?ont été faites au Cap-Haitien concernant le gouvernement que tu diriges et qui, malgré les efforts que tu déploies, semble se diriger vers une incompréhension totale conduisant même à la catastrophe si tu ne prends pas des mesures directes et rapides qui s?imposent comme le choix du Maire du Cap et des autres Villes et Bourgs du Nord.


Qu?on le veuille ou non, je représente une force politique et morale d?envergure dans le Nord, particulièrement au Cap où je suis considéré comme un héros et où j?ai été « Rechouqué » pompeusement et princièrement après mon message aux étudiants du Département du Nord à l?occasion de la Fête du Drapeau et de l?Université. C?est là aussi que j?ai appris que le Directeur du Cabinet, Mr. Raymond Lafontant, sème à tout vent et à qui veut l?entendre, que tu as perdu confiance en moi pour avoir su que je me servais de ma position de Consultant à ton Cabinet pour poser des actes en ton nom et que, de plus, je recevais des gratifications pour services rendus ou à rendre. Je voulais confronter Raymond en ta présence mais malheureusement tu ne m?a pas donné l?opportunité de le faire et sans me mettre au courant de cette situation tu as cru en ces détracteurs et tu m?as visiblement condamné à la grande stupéfaction de ceux, très nombreux d?ailleurs, qui me connaissent et dont certains amis communs comme :Yvon Siméon, Rico Bazin, Leslie et Mirlande Manigat, Hérard Abraham, Raymond Magloire et j?en passe. Habitué á la politicaillerie et á la canaillerie haitienne, je me placerais bien volontiers au-dessus de ces mesquineries mais, sentimental que je suis, je me sens meurtri du plus profond de mon c?ur, moi que ta s?ur Marie-Thérèse considère comme ton ange gardien. Toi, mon collègue de l?Université et mon frère-ami me condamne sans m?entendre et sans un mot d?explication, c?est tout juste incroyable et même inouï. Et dire que je t?avais prévenu, Gérard, que je t?avais demandé de me signaler toutes formes de médisances en présence d?un détracteur éventuel. Tu ne l?as pas fait, Gérard, et c?est là une grave entorse à l?amitié.

Quand on parle d?exploitation de ma position de consultant, je dois signaler que si je devais exploiter une position quelconque, je l?aurais fait en fonction du prestige acquis comme Président du sénat de la 44ème Législature et comme l?homme connu dans tous les milieux socio-économiques du pays avec l?auréole d?être le Premier Fondateur d?Université privée mais non pas comme un simple Consultant au Cabinet de ministre même quand ce serait celui du Premier Ministre. A mon âge de 77 ans, cher ami, et vous TOUS qui me lisez, ON NE BADINE PAS AVEC L?HONNEUR


Je ne voudrais pas me plaindre du sort piteux qui m?est fait parmi les Consultants. Tout le monde a de grands dossiers à traiter au carré du Directeur, BIEN ENTENDU, tandis que moi je suis relégué au rang d?un petit rédacteur de fortune, le plus souvent seul et assez souvent en compagnie d?Alix Richard et jusqu?à son départ de mon cousin Leslie Débrosse. Je crois comprendre que les autres ont été appelés et choisis tandis que pour moi c?est nettement différent car je me croyais l?un des trois mousquetaires de la HTN de la Floride.
J?ai consenti plus de $2.500,00 de dépenses pour le voyage de mon épouse et moi comme frais de premier établissement pendant ces trois mois de présence à tes côtés, je n?ai jamais rien demandé, je n?ai jamais sollicité d?emploi pour quiconque et voici que je suis accusé, à ma grande surprise et à ma plus grande honte, de recevoir des gratifications.
J?avais invité, en ton nom, Limoné Joseph, l?homme qui faisait sonner le LAMBI dans nos réunions de Miami, Je n?ai jamais pu t?en parler, et ainsi devant ton indifférence je l?ai amené avec moi au Cap où il a été reçu chaleureusement et à mes frais de $550.00. Qu?importe, je l?ai fait pour toi au nom de l?amitié, et cela ne se paye pas.
Puis-je te demander, toutefois, de bien vouloir autoriser le paiement anticipé de mon salaire du mois de mai en US avant mon départ le samedi 29 mai. Mon contrat n?a d?ailleurs qu?une durée de trois mois renouvelable au gré des partis. Je n?ai nullement l?intention de renouveler le mien.
Je te souhaite, mon cher Gérard, du succès continu. Le Gouvernement Alexandre-Latortue doit lever le défi, il doit réussir avec ou sans nous.
Bonne chance, Gérard. Que Dieu te bénisse et te protège ! Tu en auras grand besoin.
Invariablement
Loulou Noisin