« La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ;elle exige par conséquence une action de contrainte ou d?illusion sur les esprits?L?esprit politique finit toujours par être contraint de falsifier »
Paul VALERY (L?obligation de mentir)
1.TERMINOLOGIE 1.1.politique
Etymologiquement le mot « politique » vient de « polis » qui signifie « cité » en grec. Ainsi megalopolis (qu?on devrait dire normalement megapolis) signifie grande ville. Tout comme un megalomane est celui qui a une trop grande gueule.
Ainsi donc la politique est tout ce qui attrait à la vie collective dans la cité. Quand quelqu?un va au marché acheter du poisson qu?il va cuire chez lui, il ne fait pas de politique. Par contre quand tous les habitants d?un village ou d?un quartier se réunissent régulièrement pour organiser la vie de la collectivité ils font de la politique. C?est ainsi que les anciens philosophes ont dit que l?homme « est un animal politique ».
Le concept fondamental de base englobant notamment la politique est le moteur millénaire de l?évolution humaine. L?être humain est un être social même s?il n?est pas toujours sociable. Et quand bien même il ne choisirait pas de l?être il le serait de par le fait que l?espèce humaine est la seule en prolifération sur la planète Terre. L?être humain, par nécessité de survie et de progrès hier et aujourd?hui par obligation, ne peut se déconnecter du reste de l?espèce que ce soit au niveau de l?individu ou d?une entité humaine quelle soit sa taille.


Aujourd?hui tout citoyen de cette planète Terre fait de la politique qu?il le veuille ou non. Quand on va élire et même si on vote blanc on fait de la politique d?autant plus que dans certains pays aller aux urnes est une obligation citoyenne inscrite dans la loi. Il y a des actes quotidiens qui sont des actes politiques selon le sens que leur donne l?auteur. Payer les taxes et les impôts est un acte hautement politique si l?auteur le perçoit comme une participation à la gestion de la collectivité.


Dans la Cité Grecque antique on se réunissait sur la place publique pour débattre de diverses questions intéressant la collectivité. La politique, selon le concept décrit en amont, est une activité humaine banale. La question est donc de savoir comment ce vocable a pris la dimension actuelle selon laquelle faire de la politique c?est se démarquer de l?être humain commun pour ne pas dire de l?homme de la rue. En Afrique faire de la politique a même pris une connotation péjorative. Est qualifié de politicien la personne qui tient un langage non conventionnel. Les dictateurs traitent leurs opposants de politiciens comme si eux ne faisaient pas de politique. Vous entendez alors des intellectuels répéter à longueur de journée : « Moi je ne fais pas de politique ». Uniquement pour ne pas s?attirer les foudres de l?appareil dictatorial répressif. Pour les dictateurs et leurs acolytes politicien et subversif sont deux synonymes.
1.2.Pensée philosophique et idéologies politiques
Beaucoup de philosophes ont marqué profondément l?humanité. De par le fait que leurs idées donnaient des réponses à plusieurs des questions posées par un thème donné elles ont été érigées en doctrines. Certaines de ces doctrines sont dites doctrines politiques de par leur portée dans le domaine de l?organisation des collectivités humaines de tailles variées et de leurs relations[1]. Il est impossible de dresser une liste de tous ces philosophes. Cela est d?ailleurs sans intérêt pour la simple raison que les Ecoles nées à la même époque partaient d?un diagnostic presque similaire sur les lacunes des systèmes existants mais divergeaient sur les origines de ces lacunes et par là les concepts faussés dans leur perception et la manière de les remettre à leur place dans les nouveaux systèmes préconisés.


Dans un deuxième temps ces doctrines ont été utilisées en réduction par les conquérants du pouvoir politique qui en ont tiré des fast food que sont les idéologies politiques. Sachant bien le contexte qu?est celui de l?exercice de la politique telle que l?appréhende Paul Valéry que nous avons cité à la une de cet exposé. Ainsi des théories dialectiques ont été désossées pour donner lieu aux idéologies qu?on reconnaît à leur écriture se terminent par le fameux « isme ».
Ainsi on a : le Platonisme, le Machiavélisme ; le capitalisme et le Marxisme ; le Libéralisme, l?anarchisme, le fascisme et le nazisme et des approches plus élitistes et moins connues du grand public comme le fonctionnalisme, le systémisme, le structuralisme et bien d?autres. Dernièrement on a vu surgir une nouvelle girafe dans ce décor : le clérocratisme.
2.SYSTEMES POLITIQUES : DE PLATON A NOS JOURS Platon (-427 à ?347)
Né d?une famille aristocratique à Athènes vers 427 avant Jésus Christ. Il a rencontré Socrate en ?407 et l?a côtoyé durant 8 ans jusqu?à la mort du dernier, condamné pour impiété.
Platon a fondé l?Académie en ?397 où il enseigna durant près de 40 ans jusqu?à sa mort vers ?347. Ceux qui portent des grades académiques les doivent donc à Platon.
Platon est aussi le père de la République (que les gouvernants burundais ignorent 2000 ans après) à laquelle il a consacré toute une collection, le Livre VII, le plus connu, qui parle du fameux mythe de la caverne. Dans ce livre Platon tient un discours sur le gouvernement des humains qui doit reposer sur la vertu qu?il entreprend alors à décrire. Quand on a bien lu ce mythe de la caverne on tire soi-même la conclusion que : « La connaissance est rationnelle autant que l?opinion est irrationnelle ».
Machiavel Niccolo Machiavelli (1469-1527)
Homme politique, diplomate, penseur et écrivain italien né à Florence. Il fut Secrétaire de la République de Florence.
Il est présenté par bon nombre comme le fondateur de la raison d?Etat en politique. Il s?est attelé à établir les connexions entre les différentes sollicitations qui habitent l?être humain. Il a établi que l?acquisition et la conservation du pouvoir répondent d?une dimension qui dépasse la doctrine politique. Que donc l?action doit partir de l?identification objective des faits portés par les événements et que c?est le seul fruit de cette analyse qui doit commander l?action et non les observations brutes ou encore les règles d?une doctrine politique fusse-t-elle la plus élaborée qui soit. Machiavel exclut la morale comme critère de jugement.


C?est ce qui fait que celui qui, en politique ou dans d?autres cadres de décision, agit en ne retenant des faits et des principes que ce qui sert ses objectifs est traité de machiavélique ou fait du machiavélisme. Une politique machiavélique est celle qui fait abstraction de toute morale. Il est inutile de dire à quel point les théories de Machiavel ont encore de l?avenir.
Son ouvrage le plus célèbre est Le Prince écrit en 1513 mais publié en 1532. La raison qu?il ait attendu de ne plus être aux affaires pour écrire ces théories (République de Florence renversée par les Médicis en 1513) est de toute évidence.
Thomas More (1478-1535)
Nommé Chancelier du Royaume d?Angleterre par Henri VIII en 1529. Fut disgracié en 1532 et exécuté en 1535 pour avoir désavoué Henri VIII pour son divorce qui sonna la réforme.
Il a écrit un ouvrage célèbre Utopia (l?utopie) en 1516.
Est dit utopiste (qui fait de l?utopisme) celui qui projette une société répondant à un idéal total dont la rigueur est imaginaire et demeure inaccessible. Les utopistes sont des rêveurs.
Les autres utopistes sont notamment : Saint-Simon, Fourrier, Huxley. Leur ancêtre est bien entendu Platon. La référence est sentimentale par opposition au scientifique tel que le prônera le socialisme scientifique, qui en réalité n?était lui-même qu?utopique et n?était scientifique que pour ses inventeurs.
NB : Comme par hasard Machiavel et Thomas More sont aussi contemporains que situés aux antipodes en ce qui concerne leur conception de la politique. Alors que Machiavel ne fait aucun cas de la morale et du sentiment Thomas More et les autres utopistes mettent les deux valeurs en avant. On trouvera, quelques siècles plus tard, des doctrines contemporaines et aussi positionnées aux antipodes les unes des autres.
Thomas Hobbes (1588-1679)
Philosophe anglais qui prônait que l?homme deux réalités essentielles habitent l?être humain : les passions et la crainte. Et comme la plus grande crainte de l?homme est la peur de la mort qu?exploiteraient les religions, il préconise d?asservir la théologie à la politique.
De plus il préconise que pour le bien de tous chacun doit céder son droit de gouverner à un pouvoir pouvant être absolu. Tant et si bien qu?il trouve que c?est dans l?ordre des choses que l?Etat puisse apparaître comme un monstre et que l?homme soit un loup pour l?homme.
Quand alors on parle de la société hobbesienne il s?agit pratiquement du règne de la jungle, d?une matsyanyanya comme on l?appelle en Inde.
NB : Les anarchistes prendront exactement le contrepied quelques siècles plus tard
John Locke : (1632-1704)
Médecin et philosophe anglais. Il s?érige à la fois contre les idées de Hobbes (pouvoir pouvant être absolu) et celles de Descartes (idées innées). A la place des idées innées (Descartes) il place l?empirisme de l?expérience ou du vécu. A la place du pouvoir absolu réduisant les êtres humains en sujets (Hobbes) il dit que le souverain doit obéir à des lois faute de quoi le peuple se révolte et avec raison.
John Locke est considéré comme le père du Libéralisme. Ses principaux ouvrages sont : Lettres sur la tolérance(1689) ; Essai sur l?entendement humain (1690) ; Traité sur le gouvernement civil (1690).
Pour John Locke l?Etat n?a de raison d?être que pour garantir la propriété et des valeurs comme la liberté et l?égalité. Il ne vient pas de Dieu mais des hommes. De sorte que tout absolutisme est intolérable qu?il vienne du Roi ou des hommes.
NB : Moins de deux siècles plus tard d?autres penseurs viendront prôner pratiquement la Dictature du prolétariat. L?Internationale dira : « Nous ne sommes rien et soyons tout ».
Montesquieu (1689-1755)
Charles de Secondat, Baron de la Brède et de Montesquieu, juriste, philosophe et homme politique français. Il a écrit beaucoup d?ouvrages mais le seul qui devint très célèbre est L?esprit des lois (1748). Et c?est ce texte, écrit par un originaire de l?aristocratie français qui inspira la Constitution de 1791. Qui l?eut cru ?
On retiendra deux choses de l?esprit des lois : les lois doivent incarner des rapports nécessaires ; l?esprit des lois repose sur le fait que la société est un tout et les lois doivent toujours tenir compte de cette dimension ; seul un pouvoir peut contrebalancer un pouvoir de sorte que Montesquieu préconisa la séparation des pouvoirs.
Tocqueville (1805-1859)
Charles Alexis Clérel de Tocqueville, juriste, historien et homme politique français. C?est cet originaire de l?aristocratie qui professa que la démocratisation était irréversible, qui prôna l?omnipotence de la majorité et qui souligna le rôle de la presse et des associations de citoyens. Ses principaux ouvrages sont : De la démocratie en Amérique(1835-1840) ; L?ancien régime et la Révolution(1856). Le premier ouvrage devint la référence des théoriciens du libéralisme politique.
Marx (1813-1883)
Philosophe et économiste allemand qui étudia aussi le droit. Il a recouru à la dialectique de Hegel pour réfuter les thèses philosophiques hégéliennes. Ses ouvrages et son action lui valurent rapidement d?être expulsé de l?Allemagne, son pays natal et de la France. Et c?est en Angleterre qu?il s?installa définitivement.
Ses ouvrages célèbres sont : Misère de la philosophie (1847) ; Manifeste du parti communiste (1848) ; Critique de l?économie politique (1859) et last but not the least Le capital (1867)
Pour Karl Marx dont la doctrine est le matérialisme historique (scientifique), l?histoire humaine et son moteur est uniquement la lutte des classes et les rapports de production ; l?économie est donc la seule réalité première ; le reste est la superstructure (lois, religions, politique?) qui n?a aucune autonomie d?existence par rapport à l?économie. L?objectif ultime de sa doctrine est donc l?abolition des classes et de l?exploitation que la lutte qui les oppose sous-tend. De sorte qu?une fois que ces classes auront disparu l?Etat lui-même disparaîtra car n?ayant plus de raison d?être.


NB1: Cinq ans après la mort de Karl Marx, un certain Russe nommé Vladimir Ilitch Oulianov alias Lénine, embrassait les théories de Marx qui lui occasionnèrent une déportation en Sibérie. C?est en 1902 qu?il écrivit « Que faire ? »où il prôna la mise en place du pouvoir révolutionnaire centralisé. Et prétendant appliquer les thèses de Marx qui projetait à long terme la disparition de l?Etat, les marxistes ont plutôt créé l?Etat omniprésent et omnipuissant : les systèmes dits totalitaires.
Les marxistes n?ont rien compris aux théories de Marx qui étaient loin d?être à la portée des simples autodidactes et des illettrés. Et quand bien même ils auraient compris, ils auraient été pris au piège du fait que ce matérialisme que Marx disait scientifique était plutôt utopique quant aux changements sociaux escomptés.
NB2 : Récupéré par les capitalistes, le libéralisme politique initié par John Locke et d?autres donna lieu au libéralisme économique. Lequel, bien entendu à des fins différentes du marxisme, prônait la réduction au silence de l?Etat mais pas totalement mais en le réduisant à quelques tâches strictement nécessaires.
Aujourd?hui nous assistons à un véritable paradoxe : Poussé à l?extrême, le libéralisme économique qui est devenu le capitalisme de l?intégrisme des marchés[2] et donc une véritable jungle a abouti à la Globalisation économique, le règne sans partage de la finance.
Ainsi et contre toute attente le libéralisme économique est en train de réaliser la tâche que s?était fixé son frère ennemi, la disparition de l?Etat bien entendu non pas au profit de l?autonomie des ouvriers et autres travailleurs mais pour la suprématie de la finance et des multinationales qui sont en train d?effacer les frontières des Etats.
La fin des doctrines : Après plus de deux siècles de compétition entre le marxisme et le libéralisme économique, le plus terre à terre et moins utopique a gagné et le marxisme a disparu de la scène.
Aujourd?hui les étiquettes des partis ne sont plus que pure affiche électorale. Aux Etats-Unis, un candidat à la Maison Blanche n?a aucune chance d?être élu sans qu?il ait reçu le soutien des hauts barons de la finance. Ce qui explique notamment que le régime Clinton a eu une politique africaine d?une agressivité qu?on avait jamais connu durant les pouvoir républicains réputés plus conservateurs.
Le travailliste Blair n?y est pas allé par quatre chemins et déclara qu?il faut adopter ce qui donne des résultats. Après l?arrivée des Socialistes aux affaires en France on reprocha, chiffres à l?appui, au gouvernement Jospin de n?être de gauche que par le nom et d?avoir privatisé plus que les deux gouvernements de droite précédents. En Italie Berlusconi a littéralement privatisé l?Etat.
Aujourd?hui c?est l?avènement du règne de la finance et la fin des idéologies. Il n?y a pas longtemps on a assisté à une première mondiale. Les barons de la finance ont directement conduit un coup de force au Venezuela pour s?emparer du pouvoir par un putsch. Autrefois la finance se plaçait derrière les putschistes. Aujourd?hui elle se place devant et à visage découvert.
La question est maintenant de savoir ce que seront les partis politiques demain et que restera-t-il de la démocratie.
3. PARTIS POLITIQUES ET DEMOCRATIE 3. 1. Qu?est-ce qu?un parti politique ?
Dans l?accession contemporaine( nous avions défini l?accession étymologique) la politiques est tout ce qui attrait aux affaires de l?Etat. Dès lors un parti politique est un rassemblement autour d?un programme visant l?accession à la gestion des affaires de l?Etat.
Dans les pays démocratiques le sens étymologique a quelque peu été conservé. On fait la politique aussi naturellement qu?on pratique d?autres activités. De sorte que dans ces pays un parti politiques est une association comme une autre. Mais dans les dictatures ou les pseudo démocraties d?Afrique et d?ailleurs le parti politique est finalement placé en dehors de ce qu?il est censé être : un cadre d?épanouissement de ceux qui y mènent le débat.
Comme le mot l?indique adhérer à un parti politique c?est « prendre parti » pour son programme ou son projet. Ainsi donc, les partis uniques qu?on a connus en Afrique et ailleurs dans les dictatures et dont on faisait partie de naissance ( les partis-Etats) n?étaient pas en réalité des partis.
Par ailleurs dans un parti unique ce sont les membres qui concourent à l?intérieur pour prendre les commandes du parti et par là celles de l?Etat. Ainsi, le parti lui en tant que tel ne concourt pas et n?a donc pas besoin de programme politique.
3.2. Les pa3.2. Les partis politiques dans un système démocratique
Dans un système démocratique où le pouvoir est exercé par des élus du peuple se prononçant lors d?un suffrage universel libre, le parti politiques se définit alors comme une organisation dotée d?un programme et concourant à la gestion de l?Etat par le biais du suffrage universel.
Ainsi, au Burundi actuellement, et conformément à ces définitions, il n?y a pas à proprement parler de partis politiques au Burundi dans la mesure où la gestion des affaires de l?Etat ne passe pas par le suffrage universel pour les raisons que l?on connaît et que visiblement ce qui préoccupe les acteurs politiques est uniquement d?être associés au pouvoir sans demander quel programme de gouvernement on va exécuter et avec qui comme partenaire.
Je préviens tout de suite que la situation de guerre ne peut servir de prétexte. Il s?agit d?une occasion particulière où se manifeste l?absence de foi en l?alternative démocratique qui fonde le suffrage universel. Le parti qui gagne les élections une fois s?installe au pouvoir pour l?éternité et va jusqu?à frauder les élections ou provoquer la guerre pour conserver le pouvoir.
C?est une perversion qui existe là où la culture démocratique n?est pas profondément enracinée. En Côte d?Ivoire, quand le Général Guéye et les autres putschistes ont pris le pouvoir le Secrétaire Général du PDCI (Parti Démocratique de Côte d?Ivoire) a été interrogé par la presse si son parti était prêt à entrer au gouvernement des putschistes. Il a répondu : « Bien sûr, le PDCI est un parti de gouvernement ».
Et si tous les cadres du PDCI pensaient ainsi, cette organisation ne serait pas digne d?être appelé parti politique et encore moins démocratique. Car tout se passe alors comme si le programme politique se trouve accroché dans les enceintes du gouvernement et que les partis y vont pour l?exécuter. Alors que ce sont les partis qui doivent venir avec leur programme u gouvernement après qu?il ait reçu l?aval de l?électeur.
Au Burundi je connais des membres de la mouvance présidentielle décapitée qui étaient prêts à entrer au pouvoir des putschistes du 21 octobre 1993. Dans la matinée du 21 octobre 1993, une dame a demandé, devant des voisins, à son mari ce qu?ils allaient recevoir comme postes.
Parce que le gouvernement est là juste pour qu?on y entre et qu?il n?y a plus de programme qui requiert un choix de compétences chacun veut y être placé le plus haut possible. Dans l?article publié sur internet le 17 novembre 2002 et que j?ai intitulé « Mukasi le roi des farceurs » j?expliquais comment Mukasi s?est fait l?ennemi du major Buyoya pour la seule raison que ce dernier ne l?a pas nommé premier ministre à son retour le 25 juillet 1996 en lui préférant Pascal Firmin Ndimira, ayant plus de références académiques et professionnelles par rapport à l?animateur de la JRR Mukasi. Certains ont dit que j?ai inventé l?épisode mais l?UPRONA vient officiellement de confirmer mot à mot ce que j?avais dit.
Ainsi, dans un cadre véritablement démocratique de compétition pluraliste personne ne se serait comporté ainsi. Dans l?intérêt même du parti les leaders placent leurs cadres les plus compétents pour ne pas être éjectés et désavoués par les électeurs au scrutin suivant.
Il s?agit de mettre sur le tapis quelques questions :
1.La survie de la démocratie face à l?avènement du pouvoir absolu des multinationales et de leurs agences
- Quelle est, dans l?avenir, la portée du suffrage universel ?
- Quelles sont les raisons de l?essoufflement de la démocratie dans les pays avancés ? Y a-t-il encore suffrage universel dans ces pays ? Au deuxième tour des suffrages ce sont les indécis constituant quelques pour cents qui détiennent la clé de l?issue des votes ? Est-ce parce que ces pays ont atteint un degré très élevé de richesses qu?il s?installe un certain atavisme ?
2.Pays pauvres et émergents
- Face à la globalisation (mondialisation) quelle autonomie de gouvernement restera entre les mains des gouvernements locaux ? Lesquels étaient déjà peu respectueux des intérêts de la population.
- Quelles sont les ingrédients d?une culture démocratique véritable qui ne sont pas encore à l??uvre dans les pays sous-développés comme le Burundi ?
- Comment construire une société civile qui ne soit pas l?actuelle succursale des partis politiques ?
Sources Combinées