Des agents du service d'intelligence dominicain auraient reçu du régime intérimaire de Gérard Latortue des fonds provenant du trésor public à la demande du vice-consul Harry Joseph, selon des correspondances et rapports adressés directement par ce denier a l´ex-premier ministre provisoire.
Selon copie d'une correspondence datée du 3 fevrier 2005 adressée à M. Latortue, Harry Joseph, ancien animateur de radio a New York, a souligné que "suite à une invitation du Directeur Général de la DNI, le Major Ochoa a été designé pour travailler avec nous sur tout ce qui concerne la Securité Nationale d´Haiti à partir de la République Dominicaine".
La correspondance indique encore que "Notre nouveau chancelier vite avisé, a dépêché pour le representer, M Jacky Nau" (ancien militaire et commisaire de policde), probablement à une reunion avec certaines autorites dominicaines, ce qui n´est pas specifié dans la correspondance.
"Pour l´equipe qui collabore avec nous, nous avons besoin de 4 téléphones cellulaires, de véhicules, carburant, ainsi que des fonds totalisant quatre mille huit cent dollars (US$ 4,800.00).
La correspondance signée Harry Joseph vice-consul, ajoute: "demain vendredi vous recevrez la visite de Mr Jean Bertin et ce samedi, en compagnie des agents de la DNI, nous effectuerons une opération à Dajabon ou nous soupçonnons que René Civil et Paul Raymond sont hebergés. Mr. Jacky Nau, pourra vous fournir plus amples informations".
D´autre part, à la date du 14 janvier 2005, le vice consul Joseph a fait parvenir à la primature la note titrée "Rapport d´Intelligence/Securité Nationale" ou il est indiqué que "La République Dominicaine constitue un véritable bastion pour les membres du pouvoir Lavalas et que presque toute l´insecurité qui prévaut en Haiti est alimentée par ces individus"
Ces dénonciations sont confirmées par l´agence dominicaine en ligne specialisee dans les relations haitiano dominicaines "Espacio Insular" dans un article publié ce jeudi en marge de la journee internationale des refugiés.
Dans cet article, il est dénoncé "la campagne de persécutions conduite par M. Joseph contre des citoyens haïtiens ayant fui le pays pour des raisons politiques au lendemain du départ précipité du président Aristide (29 février 2004).
Parmi les fonctionnaires indexés, l´agence cite, l´ancien ministre de la Justice Calixte Delatour, l´ancien directeur général de l'ONA, Joseph F. Oliva, l´ancien directeur de l´APENA Clifford Larose, l'ancien député Nahum Marcelus et plusieurs anciens commissaires de police.
Selon "Espacio Insular" les services d´intelligence de la République dominicaine etaient visités régulièrement par Joseph qui leur acheminaient des rapports basés sur de fausses informations que même les hautes autorites dominicaines n´ont jamais confirmées ou ont dementies publiquement.
Le Ministre de l´Interieur et de la Police Mr Franklyn Almeida et le secretaire d´Etat des Forces Armees Sigfrido Pared Perez avaient en effet qualifié de " fallacieuses" des affirmations de M. Joseph, selon lesquelles 75 membres du parti Fanmi Lavalas qui se trouvaient à la Jamaique, avaient débarqué en territoire dominicain d'où ils lanceraient des attaques contre le régime intérimaire.
Même situation à propos des rumeurs sur l´arrivée en République dominicanne de 10 mercenaires sud-africains qui auraient eu pour missión d'assassiner de personnalites politiques et du monde des affaires en haïti.
Plus de 80 personnalités sur environ 700 qui sont rentrées en Republique Dominicaine suite au depart d'Aristide, sont mentionnées dans les rapports de Harry Joseph aux autorités de facto.
La plupart d'entre elles avaient non seulement des difficultes pour obtenir un statut de refugié politique en Republique Dominicaine, mais vivaient dans la clandestinité par crainte d´etre arrêtées, contrairement aux anciens rebelles qui sous le gouuvernement Mejía, avaient utilisé sans grands inconvenients, le territoire dominicain pour lancer des attaques contre lesd autorités établies
Espacio Insular révèle que "Youri Latortue, cousin de l´ex premier ministre, administrait un fonds mensuel de securité nationale evalué a des millions de gourdes "dont une partie etait acheminée au travail d´espionnage contre les refugies haitiens en Republique Dominicaine".