Le bilan catastrophique provoqué par la tempête tropicale Jeanne à Haïti s'alourdit d'heure en heure et dépasse mardi les 600 morts, suscitant la mobilisation de la communauté internationale.
La France a annoncé l'envoi d'une aide d'urgence à partir de l'île de la Martinique. Environ cinq tonnes de fret (tentes, bâches, matériel de purification de l'eau et médicaments) doivent être acheminées par avion, a déclaré la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Cécile Pozzo di Borgo.
Une mission d'évaluation des besoins sera également transportée sur place, a-t-elle précisé.
Selon le porte-parole de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), Toussaint Kongo Doudou, le nombre des victimes dépasse les 600 morts, dont 500 pour la ville des Gonaïves (170 km au nord de la capitale Port-au-Prince). Ce bilan pourrait s'alourdir compte tenu de l'ampleur de la catastrophe, a-t-il estimé.
De premiers camions acheminant de l'aide humanitaire devaient partir mardi pour les Gonaïves, a indiqué de son côté à Radio France Internationale Guy Gauvreau, représentant en Haïti du Programme alimentaire mondial (Pam).
Ce responsable s'est montré rassurant sur le sort de la deuxième plus grande île du pays, l'île de La Tortue, située au large de la ville de Port-de-Paix (nord-ouest). Les communications avec cette île de 180 km2 étaient coupées depuis ce week-end.
Après de premières informations alarmistes, des hélicoptères ont pu survoler l'île et rien d'anormal n'a été constaté, a déclaré Guy Gauvreau à RFI.
Dans le nord-ouest d'Haïti, les dégâts matériels sont considérables. Plusieurs villes sont inondées, un grand nombre de personnes sont sinistrées et de nombreuses habitations ont été détruites. Avec le retrait des eaux, les autorités s'attendent à devoir alourdir à nouveau le bilan des victimes.
Lundi, la Minustah avait envoyé des hélicoptères vers les Gonaïves pour acheminer de la nourriture et des médicaments aux populations sinistrées. De leau et de la nourriture du Pam, stockées à Port-au-Prince, vont continuer à être acheminées dans les jours à venir afin de permettre aux sinistrés de survivre.
"Il ny pas une seule maison dans la ville des Gonaïves qui ne soit inondée", avait déclaré le Premier ministre haïtien Gérard Latortue, après avoir survolé lundi la zone en hélicoptère.
M. Latortue, originaire des Gonaïves, a déclaré le nord dHaïti "zone sinistrée" et décrété trois jours de deuil national. Le Premier ministre a annoncé lintervention du gouvernement pour venir en aide aux personnes sinistrées.
Les 23 et 24 mai, Haïti, le pays le plus pauvre du continent américain, avait été victime de pluies torrentielles qui avaient fait 1.220 morts. Les pluies avaient surpris en pleine nuit les habitants du sud-est du pays, où la déforesta