Par Rollande Parent, Canadian Press
MONTREAL (PC) - Un ancien ministre haïtien qui amorçait mercredi à Montréal une tournée pancanadienne a dit souhaiter que le nouveau gouvernement canadien rompe avec la politique menée par ses prédécesseurs en Haïti, prenne ses distances des Etats-Unis à cet égard et tienne davantage compte de la solidarité grandissante démontrée par l'ensemble des Canadiens.
Cette triple invitation a été lancée par Patrick Elie, qui a été ministre dans le premier gouvernement de Jean-Bertrand Aristide, en 1991, où il était chargé de la lutte contre la drogue.
M. Elie a rejoint M. Aristide en exil et est revenu avec lui en Haïti pour démobiliser l'armée et mettre sur pied la police nationale haïtienne à titre de ministre de la Défense.
Il a dit entretenir des liens d'amitié ave René Préval, le nouveau président, qui remontent à une trentaine d'années.
"Je continue de faire de la politique citoyenne et de défendre la cause du peuple haïtien", a assuré M. Elie.
M. Elie juge que "les actions récentes du gouvernement du Canada ont été délétères aussi bien pour Haïti que pour l'image du Canada, généralement bonne en Haïti, qui a été sérieusement mise à mal".
"Toute cette déstabilisation à laquelle le gouvernement du Canada a été mêlée pour renverser le président Aristide, cette tentative de voler le droit du peuple haïtien à choisir ses propres dirigeants, tout ça a été fait avec l'argent des Canadiens, parce que beaucoup de Canadiens, beaucoup de Québécois, ont d'Haïti une image qui ne correspond pas à la réalité", a-t-il déclaré.
Avec sa tournée dans 18 villes canadiennes, M. Elie ambitionne de développer "une solidarité éclairée entre le peuple canadien et le peuple haïtien qui doit compléter, et des fois s'opposer, à la diplomatie de gouvernement à gouvernement".
M. Elie estime que la crise actuelle en Haïti a permis que la solidarité présente au Québec se répande "de façon significative" à l'ensemble du Canada.
"J'espère que ça enverra le message au nouveau gouvernement canadien qu'il doit changer radicalement d'attitude et de politique vis à vis Haïti et de son peuple", a-t-il indiqué.