Les dirigeants des 58 pays de l'Union européenne (UE) et d'Amérique latine et des Caraïbes (ALC) qui se sont retrouvéS depuis jeudi à Vienne pour un sommet de trois jours ont adopté vendredi une déclaration commune pour " renforcer l'association stratégique bi-régionale" et la défense de la démocratie, des droits de l'Homme et de l'environnement, tout en combattant ensemble la drogue et la pauvreté.
"La déclaration finale du Sommet contient des projets concrets. Les pays de la Communauté andine mettront en place des mesures concrètes d'adoption d'un accord d'association avec l'Union européenne. Nous avons également décidé de mettre en place un programme de reconstruction d'Haïti et l'Europe mettra son savoir à disposition pour l'établissement d'un système de contrôle moderne. L'Europe doit également rendre plus tangible l'aide qu'elle fournit aux pays d'Amérique latine et des Caraïbes", a déclaré le chancelier autrichien Schussel, également président en exercice du Conseil européen.
Les 58 pays participant au Sommet de Vienne ont par ailleurs réaffirmé leur engagement à renforcer la coopération dans la lutte contre la production et le trafic de drogue, sans toutefois se fixer de projets concrets.
Différends
Le sommet est dominé par les différends sur le contrôle des ressources énergétiques en Bolivie et au Venezuela. Evoquant "la décision d'un Etat souverain", le président bolivien Morales avait défendu dès son arrivée jeudi à Vienne sa récente décision de nationaliser prochainement le secteur gazier bolivien.
Au grand dam des Européens et du Brésil, il a jeté un pavé dans la mare en annonçant que les entreprises étrangères concernées pourraient ne pas être dédommagées. De son côté, le président vénézuélien se retrouve sur la sellette pour avoir introduit une nouvelle taxe ciblant les compagnies pétrolières étrangères, qui versent déjà des droits importants pour pouvoir extraire le brut vénézuélien.
Les Vingt-Cinq et le Brésil ont critiqué vertement la politique énergétique suivie par le président bolivien Evo Morales comme par son homologue vénézuélien Hugo Chavez. Le président bolivien, qui avait écarté jeudi dernier toute indemnisation des compagnies étrangères, a calmé le jeu vendredi devant les protestations de ses pairs, notamment la France, l'Espagne et la Grande-Bretagne.
Au-delà de la question énergétique, les négociations en vue de la conclusion d'un accord d'association commercial entre l'UE et le Mercosur (Marché commun sud-américain qui comprend Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), lancées en 2000, sont toujours au point mort.
Une cérémonie pour l'ouverture de négociations de libre-échange avec l'Amérique centrale, annoncée vendredi dernier par plusieurs responsables européens et latino-américains, a été finalement annulée samedi, sans pourtant aucune explication.
L'UE accusait en 2005 un déficit commercial de 9 milliards d'euros avec les pays de la zone Amérique latine et Caraïbes (ALC), qui représentent 5,6% du commerce extérieur des Vingt-Cinq.
Le Sommet UE-ALC avait pour objectif de tenter d'accélérer un rapprochement entre les deux régions au nom du multilatéralisme et de la cohésion sociale. "Déboussolée par le rejet de la Constitution par les Français et les Néerlandais il y a un an, l'Union européenne semble incapable de profiter de la perte d'influence des Etats-Unis dans la région", a indiqué un observateur d'ici. Fin