Port-au-Prince, 29 juillet 2002 -(AHP)- L'Évêque de Jérémie (Grande-Anse), Mgr. Willy Romélus, a appelé lundi les acteurs impliqués dans le crise post-électorale à faire taire leurs "ambitions" de pouvoir et leur "égoïsme" au profit des intérêts du pays.
Mgr. Romélus a invité les politiciens à prendre conscience de l'état de misère dans lequel vit la majorité de la population et de la division qui ronge le tissu social haïtien à la veille du bicentenaire de l'indépendance.
Faisant savoir que nos ancêtres avaient fait 1804 dans l'union, la célébration des 200 ans de l'indépendance en 2004 est la meilleure occasion pour tous les secteurs du pays de s'unir en vue de reproduire cette même "merveille".
Le prélat a encouragé les haïtiens à renoncer à leurs querelles de chapelles pour sauver le pays.
"Le pays appartient à chaque haïtien", a lancé l'évêque, tout en invitant les politiciens à cesser cette lutte fratricide au bénéfice de la collectivité.
Un porte-parole de la Présidence, Handel Carré, a affirmé que le chef de l'État est toujours attaché à la signature de l'accord initial de l'Organisation des États Américains (OEA) pour résoudre la crise post-électorale.
Handel Carré a invité la Convergence Démocratique à signer cet accord pour sortir le pays de l'impasse.
Le porte-parole de la présidence a également invité l'opposition à se préparer pour participer aux prochaines compétitions électorales prévues pour le premier semestre de 2003.
Selon Handel Carré, la priorité aujourd'hui n'est pas le partage du pouvoir, mais la conclusion d'un accord politique qui devrait permettre de mettre fin à une crise vieille de plus de deux (2) ans. Les responsables de la Convergence Démocratique ont réclamé le poste de Premier Ministre dans la perspective de la signature d'un accord politique avec Fanmi Lavalas, puisque, disent-il, la société haïtienne ne peut pas compter sur les actuelles autorités pour créer un environnement sécuritaire dans le pays.
Ce poste est réclamé par l'opposition, dans une contre-proposition qu'elle a formulée au projet d'accord initial présenté par l'Organisation des États Américains (OEA) le 12 juin dernier.
Selon la constitution de 1987, le Premier Ministre est choisi au sein du parti majoritaire au parlement. Un dirigeant de cette coalition politique, Victor Benoît, avait indiqué la semaine dernière que cette proposition d'accord est un outil de combat démocratique, un outil qui, en même temps qu'il met en veilleuse la constitution, permettra, disait-il, de faire reculer ce qu'il appelle l'arbitraire et de créer la normalité constitutionnelle.