Coupable, le CO2, dont la teneur dans l'atmosphère a augmenté de 35% depuis le début de l'âge industriel. En limiter nos émissions enrayerait la machine infernale. C'est ce que prévoit le protocole de Kyoto, adopté en 1997: baisser de 5% nos émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport au niveau de 1990. Insuffisant, sans doute, mais nécessaire: comment avancer plus loin sans avoir esquissé ce premier pas? Mais, pour que le protocole entre en vigueur, il fallait réunir au moins 55 nations signataires, représentant 55% des émissions de GES. Avant que la Russie, avec ses 17,4%, n'y adhère ce mois-ci, les 119 pays rassemblés ne totalisaient que 44,9% des gaz rejetés.



A eux seuls, les Etats-Unis pèsent pour un quart des émissions de gaz à effet de serre. Rien à attendre pourtant d'un pays dont le président réélu se refusait déjà à ratifier Kyoto en 2001, estimant insuffisantes les preuves d'un changement climatique et accusant les experts du Giec de faire de la «fausse science». Du 6 au 17 décembre, Buenos Aires accueillera la 10e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, rendez-vous annuel des climatologues. En attendant le prochain rapport du Giec, en 2007. Celui-ci devrait être encore plus pessimiste que les précédents. Pour cause: personne ne fait rien. A force d'ignorer les sirènes d'alarme, ne courons-nous pas à la catastrophe?