Beethova, l?effet live à Sainte-Lucie
2002-05-07
Comme depuis 10 ans, à la même époque, Sainte-Lucie organise un festival de Jazz qui milite pour la promotion internationale de la musique, toutes tendances et tous styles confondus.
Cette année, Beethova Obas était de la partie. L?affiche se tient du 3 au 12 Mai au nord de l?île comme au sud et le thème du festival se focalise sur le slogan touristique: Simply beautiful (simplement beau). Et oui, il fallait s?y attendre après que le dernier album de l?artiste ait occupé le top des charts de plus d?une vingtaine de radios canadiennes.
Au sud, le festival de jazz de Sainte-Lucie s?est déloulé dans le parc Balenbouche, un site historique qui abrite l?une des plus anciennes guildives de la caraïbe. Le festival entame sa dixième édition où Castries, Balenbouche, Fond d?Or, Pigeon Island, Rodney Bay et The Square offrent une riche programmation liée à l?événement.
Réunissant des artistes allant de la chanson créolophone au jazz en passant par le R&B, le festival de jazz de Sainte-Lucie offre une fois encore une affiche internationale électrique et ouverte à tous les talents avec notamment les présences attendues de Smokey Robinson, Stephanie Mills, Shaggy, Chuco Valdez, Laurin Hill, Beethova Obas, Sweet Micky??
Beethova s?efforçait de ne pas appliquer de formule traditionnelle, c?est-à-dire jazzy et trop Bossa Nova-que, mais a plutôt offert des mélodies entrainantes qui se greffaient spontanément à la danse.
En effet, tout a été crescendo et le public a applaudi avec echo. Dans un festival comme celui de Sainte-Lucie, c?est évident qu?il y a du bon et du moins bon, mais le dimanche 5 mai écoulé, le principe du bon était évident. L?artiste a montré ce qu?est un festival en plein air. Plusieurs milliers de gens s?étaient amusés à coeur joie parce qu?il avait donné le ton juste.
Parmi les musiciens qui l?accompagnaient, on retrouvait: Dominic Perose au piano, Zebina à la basse, Jean-Marc Albizi à la batterie, Emmanuel Obas et Sylviane dans les choeurs.
Zebina s?était vachement inspiré d?une musique de Tabou Combo en slappant ses cordes dont le son rebondissait fort dans les haut-parleurs pour agiter les fans. Et pour gérer la participation du public, il fallait un Emmanuel Obas, le frère de Beethova pour décoiffer la foule.
La présence de Beethova à la dixième édition du festival de jazz de Sainte-Lucie est partie d?une initiative de Cross-Over Records que gèrent Lionel Duperval et Harold Staco qui voulaient qu?Haïti soit représentée de manière impeccable; et çà a fait du bien.
Normalement pour moi, assister à un festival international de jazz ou autre équivaut à aller faire une nouvelle expérience culturelle, un pont avec les disques que je joue ou écoute quotidiennement. Voir un artiste respectable comme monsieur Obas représenter Haïti, me donnait des sueurs froides.
A Balenbouche, on retrouvait des parents avec leurs petits enfants, émerveillés par la prestation de l?artiste qui était vraiment dans sa peau au milieu de cette fourmilière de vedettes internationales. Des accords de guitare effeurés en rythme, accompagnés par les solos du pianiste martiniquais Dominic Perose et les applaudissements qui tapent la mesure sous une voix en chuchotte de Beethova, l?enthousiasme transpirait partout.
Le temps de 90 minutes, il a donné le véritable effet live au festival de jazz de Sainte-Lucie. C?est donc la mission de tout artiste qui veut fouler les grandes scènes.
Dommage j?ai pas eu le temps de voir la prestation de Sweet Micky qui était affiché au Fond d?Or le samedi 4 mai.
Pour une île vingt fois plus petite que Haïti et avec seulement 160,000 habitants, ce festival rapporte 47 million de dollars en profit net annuellement.
On ferait bien de faire plus de musique hein!
Ralph DELLY
Balenbouche, Sainte-Lucie