Je ne voudrais pas être un prophète de malheur ou un oiseau de mauvais augure, mais je désire plutôt susciter votre réflexion en début de cette nouvelle année sur la nécessité de repenser votre comportement en rapport au développement du pays.
L'année 2007 va marquer la mi-temps pour l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. En 2000, plusieurs pays ont signé un accord portant sur des objectifs bien précis pour le développement des pays pauvres. Parmi les objectifs citons :
1. Réduire l'extrême pauvreté et la faim;
2. Assurer l'éducation primaire pour tous;
3. Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes;
4. Réduire la mortalité infantile;
5. Améliorer la santé maternelle;
6. Combattre le VIH/Sida, le paludisme et d'autres maladies;
7. Assurer un environnement durable;
8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.


Haïti a également signé cet accord. Toujours dans le cadre du développement, beaucoup d'idées ont été émises pour voir quel est le meilleur moyen qui pourrait être mis en place pour sortir notre pays du gouffre dans lequel il se trouve. Mais en écoutant les divers projets, en lisant les propositions pour un développement durable et réel, ma seule réaction est de rire, pas un rire de joie, mais plutôt un rire ironique et triste. Car je pense qu'aucun apport financier massif ne pourra apporter la solution au problème économique et social d'Haïti. Penser aux divers millions reçus depuis 1986 qui ont été dilapidés par des hommes qui claironnaient leur souci du bien-être de la nation est un simple exemple pour argumenter mon sentiment de tristesse quand au développement de ce pays. Où sont les beaux projets de routes, de centres de santé, d'écoles, etc. ? La solution du développement d'Haïti reste entre les mains des Haïtiens. Nous n'avons pas besoin d'autres diagnostics pour comprendre la gravité de notre condition, mais nous avons besoin de prendre une décision pour guérir notre mal. Laissez-moi vous suggérer quelques pistes qui, à mon avis, sont importantes à suivre en 2007.

- Il faut que chacun se dise que le problème de ce pays est « moi. » Trop longtemps nous accusons l'autre : la communauté internationale, les bourgeois, les pauvres des quartiers populaires, l'armé, etc. Je suis concerné par le problème du pays autant qu'un autre et je suis la cause, à un niveau ou à un autre, soit de son origine ou de sa persistance.
- Il faut commencer à agir de manière individuelle, à aider dans la mesure du possible. Je n'ai pas besoin de la mairie de Port-au-Prince pour m'apprendre la propreté des rues. Votre fils n'a pas besoin de son professeur de morale pour lui apprendre que chaque personne, quel que soit son origine sociale, a de la valeur.
- Tâchons de revaloriser les valeurs importantes.
- Le pays ne connaîtra pas de prospérité économique par un coup de baguette magique, il nous faut, quel que soit notre sphère d'activité, penser global au lieu de penser personnel ou familial. Si notre réussite individuelle va causer du tort à un autre, à la collectivité, pourquoi poursuivre notre démarche ?
- Il faut que nous exercions notre droit de regard et d'intervention dans ce qui se fait à tous les niveaux. Dans un certain sens, nous sommes aussi coupables que celui qui vandalise les caisses publiques, qui fait injustice ou qui ferme les yeux sur ses devoirs. Car lorsque nous pouvons demander des comptes et que nous choisissons de nous taire, nous contribuons à notre propre destruction.
Je sais que cette nation peut connaître des jours de paix et de prospérité. Mais je suis sûr que la solution à son développement n'est pas entre les mains des « autres », mais entre les miennes.
Bonne et heureuse année 2007. Notre bonheur dépend de vous et de moi.
Source: Le Nouvelliste/Valery Vital-Herne