La République dominicaine voit loin
Pour un pays où le football est enraciné dans l'histoire collective, une progression de 15 rangs dans le Classement Mondial FIFA/Coca-Cola jusqu'à la 171e position ne constitue sans doute pas un événement digne d'intérêt. Mais en République dominicaine, où de nombreuses personnes ?uvrent pour favoriser l'essor du ballon rond, il s'agit d'une évolution significative. Quant à ceux qui rêvent de voir les Quisqueyanos participer un jour à la Coupe du Monde de la FIFA, vous pouvez imaginer leur état?
Le président de la Fédération dominicaine de football, Osiris Guzmán, l'a martelé en de nombreuses occasions : "
Si Haïti l'a fait, il n'y a pas de raisons que nous n'y parvenions pas". Ainsi, en 2004, lorsque l'équipe dominicaine a été éliminée d'Allemagne 2006 par Trinidad et Tobago, future mondialiste,
Guzmán a décidé de mettre en ?uvre un projet expressément destiné à aider sa formation à se qualifier pour la Coupe du Monde de la FIFA 2014.
Un sport jeune
Un objectif ambitieux pour ce pays où le football reste un sport jeune, jouissant d'une popularité moyenne. Fondée en 1953, la Fédération dominicaine ne s'est affiliée à la FIFA qu'en 1959. En 1965, grâce aux efforts de Fortunato Quispe Mendoza, le ballon rond a fait son apparition dans les écoles et dans les villes. C'est également lui qui s'est chargé de mettre en place un championnat et d'organiser les différentes divisions.
Malgré tous ces efforts, le football n'a jamais vraiment décollé, puisqu'il demeure le cinquième sport national. Cette situation tient autant à la jeunesse de la discipline qu'à la maigreur des résultats obtenus. En effet, l'équipe nationale ne s'est jamais qualifiée pour une compétition importante, ni en seniors ni chez les jeunes, et le tournoi local n'emballe pas grand monde.
En fait, le football pâtit de la concurrence exercée par le base-ball, à l'origine d'une vraie passion populaire. Il faut dire que plus d'une centaine de Dominicains évoluent aujourd'hui dans le championnat professionnel américain. Quand ils ne suivent pas le base-ball, les Dominicains s'intéressent au basket, au volley et à l'athlétisme. "Il nous faut faire avec cette situation, affirme Guzmán. Mais si au Venezuela, un pays passionné par le base-ball, le football a réussi à trouver sa place, il n'y pas de raison qu'il n'émerge pas en République dominicaine".
Soutien et premiers résultats
Déterminés et courageux, les dirigeants locaux ont reçu un coup de pouce de la FIFA. En 2005, grâce aux journées du Programme Com-Unity, la communication et le marketing sont entrées en jeu. "Voilà qui annonce un nouveau départ pour notre football", s'est réjoui le président de la fédération.
C'est grâce à l'équipe U-20 que l'on a pu constater les premiers résultats positifs. En effet, celle-ci vient de se qualifier pour la deuxième phase des éliminatoires de la CONCACAF pour la prochaine édition de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, qui aura lieu l'an prochain au Canada. Deux jeunes joueurs très talentueux, Kerbi Rodríguez et Jonathan Fana, se sont particulièrement distingués, mais la presse locale n'a fait aucun cas des performances de l'équipe.
L'actuel sélectionneur des Seniors, le Croate Ljubomir Crnokrak, nous livre son analyse de la situation. "Il manque de l'argent, c'est un fait, mais ces garçons ont beaucoup de qualités et le football dominicain a un vrai potentiel. Pourtant, les journaux n'en parlent pas. S'ils écrivaient une ligne ou deux par semaine, au moins ça motiverait un peu les joueurs".
Sans disputer le moindre match de préparation, les Quisqueyanos abordent désormais la Copa Caribe Digicel 2007, qualificative pour la Gold Cup de la CONCACAF, Etats-Unis 2007. Au premier tour, au sein du Groupe C, ils affronteront du 26 au 30 septembre les Bermudes (160e), les Îles Vierges britanniques (167e) et les Îles Vierges américaines (193e). Pour poursuivre l'aventure, ils devront finir à l'une des deux premières places, mais les Dominicains ne perdent pas de vue leur véritable objectif : la Coupe du Monde de la FIFA 2014.