L'information est banalisée, pourtant elle est d'importance. Un responsable de CASEC de Duclos, première section de Desdunes, a été appréhendé par la PNH, au début de la semaine, dans le cadre d'une tentative de vol de matériel de curage du canal de Duclos.
Quatre mécaniciens venus de Port-au-Prince, un démarcheur et un acheteur seraient encore au sous-commissariat de cette commune. Selon l'un des accusés, l'action a été posée avec l'aval du CASEC.
Ces équipements évalués à 175 mille dollars américains ont été liquidés à pour la modique somme de 15 mille gourdes.
Comment imaginer qu'un membre de CASEC puisse être impliqué dans une action aussi vile, laide et avilissante? Lui qui, en principe, devrait prêcher d'exemple, donner le ton, le ton de la moralité?
Définitivement, notre singulier petit pays est condamné à vivre de scandales provoqués surtout par ceux-là mêmes qui ont la charge de gérer l'Etat et de s'assurer de la bonne utilisation de ses ressources.
En est-on à notre première expérience? Non. On se rappelle tout le tintamarre provoqué par l'implication d'un parlementaire dans une question de vol de moteurs!
N'est-ce pas l'Etat, tel qu'il fonctionne, hier et aujourd'hui, qui donne libre cours à ses administrateurs de s'occuper, sans rendre compte à personne, de ses affaires?
Mises à part ces tentatives de vol ou ces vols tout court, combien de matériel ou d'équipements de l'Etat ont été vendus aux enchères ou détournés? Combien?
Combien de nos ordonnateurs, de nos administrateurs, de responsables des deniers publics peuvent se vanter d'avoir les mains propres, de n'avoir jamais été impliqués dans des actions frauduleuses, malhonnêtes aux dépens du trésor public, de l'Etat?
Où est donc cette moralité tant prônée par nos chefs d'équipe? Comment espérer que notre jeunesse, déjà en panne de modèles, pourra un jour s'éçarter des mauvaises manières, des habitudes vilaines qui entachent l'honneur de ses dirigeants passés?
Quelle Haiti de demain voudrions-nous offrir à nos enfants, à l'étranger, au monde entier?
Source: Le Nouvelliste