Plus de trente mille fidèles de l'Église catholique d'Haïti ont participé au 14e Congrès national du renouveau charismatique cette année.
Plus de trente mille fidèles de l'Église catholique d'Haïti ont participé au 14e Congrès national du renouveau charismatique cette année.
Le congrès s'est déroulé à Tabarre sur un terrain de plus de deux hectares. Contre deux cent vingt cinq gourdes, plus de 30 000 mille fidèles, selon les chiffres communiqués par les responsables de l'Association des fidèles charismatiques d'Haïti (AFCH) ont participé, du vendredi 28 au dimanche 30 mars, au 14è Congrès du renouveau charismatique. Ils étaient venus de Port-au-Prince, de Miragoâne, de la Croix-des-Bouquets, de Jacmel, bref de diverses régions du pays.
Les fidèles ont apporté leurs chaises, leurs tentes, leurs draps, leurs parasols pour s'aménager un peu de confort, car l'espace physique, un terrain vague en terre battue, n'en offre pas. D'autres se sont contentés d'un chapeau ou d'un brin d'ombre entre deux véhicules. Mais tous portaient en eux une motivation et cette espérance du secours divin.
Nadine, 28 ans, habitante de Carrefour-Feuilles, confie : « Je participe pour la première fois au congrès. Je suis orpheline. Ma vie est un calvaire. À mon âge, je devrais avoir un partenaire en qui j'ai confiance, un enfant, et je devrais pouvoir aider ma famille dont je suis l'aînée. Malheureusement, c'est tout le contraire, je vis chez ma marraine. Alors, je viens déposer mes souhaits au pied de Jésus, dans l'espoir qu'il m'aidera ».
Irène, 42 ans, vient de la Croix -des -Bouquets. Dans sa Bible : des photos de proches, de son frère et de sa soeur vivant aux États-Unis, en situation irrégulière, et dans la crainte des agents du service de l'immigration américaine, du rapatriement.
« Si ce malheur nous tombe sur la tête, ce sera la fin du monde pour notre famille. Mon frère et ma soeur s'occupent de la famille. Manger, boire, frais de scolarité, cartes de recharge, vêtements… tout dépend d'eux. Si on les embarque vers Haïti, nous sommes fichus. Je crie mon désespoir à Jésus, Maman Marie, Emmanuel, tous les saints pour qu'ils ferment les yeux des autorités de l'immigration », raconte-t-elle, les mains au ciel.
Plus d'une dizaine de prêtres et d'évêques en provenance de Hinche, Jérémie, Cap-Haïtien, Port-au-Prince, voire de la diaspora, dont Boston et Miami, ont aminé les messes, une chaque jour, confessé, enseigné la Bible, donné le sacrement de la Réconciliation et surtout prié avec les fidèles.
Les chants populaires du répertoire catholique et des cultes réformés - ceux qui vantent la puissance et l'immense générosité de Dieu, mais aussi les chants qui font état des premières nécessités matérielles de l'existence et réclament inlassablement la « délivrance » ont contribué à intensifier la ferveur des participants. Les 30 000 fidèles cadençaient, se balançaient, sautaient, les yeux fermés, les mains au ciel, au rythme de ces chants.
Le ministère de la guérison
Cette année encore, le ministère de la guérison, étendu sur deux jours, soit les samedi 29 et dimanche 30, a fait sensation et exacerbé l'émotivité et la foi des fidèles déjà en mal de merveilleux, de miracle.
Alors que les lieux baignaient dans un silence si absolu qu'on entendait souffler la brise, et que l'assistance était plongée dans le plus profond recueillement, les yeux fermés, les mains tendues vers le ciel, le Comité de prophétie, composé d'une dizaine de personnes, dont la religieuse Claire Gagné, sollicitait des miracles.

« Jésus, je t'en prie, passe dans la salle, change notre sang, remplacele par le tien, viens nous délivrer, donne ton coeur avec tes sentiments nobles, arrache de nous tout ce qui nous cause du mal. Passe, passe dans la salle Seigneur Jésus! Guéris les paralysés, les cardiaques, ceux qui souffrent de paralysie, de maladies cardio-vasculaires! Passe dans la salle Seigneur Jésus, fais souffler le vent de guérison sur nous! Guéris ceux qui souffrent du bras, de l'estomac, du coeur, des reins, guéris-les Seigneur Jésus, je t'en prie Seigneur Jésus, passe dans l'assistance et guéris les malades ! », priait Soeur Claire Gagné, tandis que le père Price exposait le Saint-Sacrement.

Ne doutant pas de sa foi, bien planté dans sa croyance, le Comité de prophétie devait par la suite annoncer la guérison d'une kyrielle de maladies : un cancer au sein droit, une paralysie à l'épaule gauche, des maux de gorge, de tête, d'estomac, d'une insomnie chronique… Des fideles viendront par la suite confirmer ces miracles en témoignant de leur guérison miraculeuse sous les ovations et cris des autres dont l'espoir de délivrance et la foi se sont raffermis.
Source: Le Matin