« Parfois des journalites haïtiens se permettent des libertés vraiment inacceptables alors qu'on ne peut dire ni faire n'importe quoi dans les médias. » Déplorant le fait qu'il n'existe pas en Haïti un code d'éthique de la presse, le journaliste Joseph Guyler C. Delva a pressé ses collègues, vendredi dernier, à l'occasion d'une conférence-débats organisée par la Commission nationale haïtienne de coopération avec l'UNESCO, d'élaborer au plus vite un tel code.
« Il faut nous donner certaines limites pour éviter que les gouvernants ou autres aient à nous les imposer », a expliqué le Secrétaire général S.O.S journalites à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai.
M. Delva, l'unique représentant d'une association de journalistes participant à cette conférence ayant pour thème le « rôle des médias vis-à-vis des processus de développement économique et social », a invité ses confrères à faire preuve de responsabilité dans l'exercice de leur métier.
« Ce sera autre chose quand les journalistes se réuniront pour dire qu'ils ont pris l'engagement personnel de respecter les limites établies, a expliqué le secrétaire général de SOS Journalistes. C'est à eux de décider de ne pas faire telle ou telle chose qui pourrait nuire aux autres.»
La conférence-débats, à laquelle les travailleurs de la presse ont été traités en parents pauvres puisque aucun d'entre eux n'avait été invité à faire partie du panel, fut l'occasion pour certains de soulever un ensemble de problèmes relatifs au fonctionnement de la presse dans le pays. Maigres salaires et mauvaises conditions de travail peuvent, selon M. Delva, porter préjudice au bon fonctionnement de la presse haitienne ou à la crédibilité même du journaliste.

« Parler de la nécessité d'un code d'éthique est une chose mais prévoir son application dans le contexte actuel en est une autre, a rétorqué un journaliste d'une chaîne de télévision privée, comme pour remettre en question la proposition du président de la Commission indépendante d'appui aux enquêtes relatives aux assassinats de journalistes (CIAPEAJ) Joseph Guyler C. Delva. Les journalistes haïtiens sont-ils prêts pour l'instant à mettre en application un code déontologique connaissant les dificultés de toutes sortes auxquelles ils font face ? ». Le débat est lancé.
Source: Le Nouvelliste