Le drame de Nérette a incité plusieurs citoyens de la société civile à remettre en question le rôle du Génie scolaire au ministère de l'Education nationale en ce qui a trait à la construction des bâtiments abritant les écoles. Pointés du doigt, les responsables du Génie scolaire précisent.
« Nous n'avons aucun droit de regard sur la construction des bâtiments destinés à loger les écoles privées. D'ailleurs, il n'existe aucun document justifiant un éventuel partenariat avec les directeurs d'école sur la manière de construire leurs établissements scolaires », a expliqué Lazare Joseph Accou, directeur du Génie scolaire, lors d'une rencontre avec un reporter du quotidien Le Nouvelliste.

S'abstenant de tout commentaire sur l'effondrement du collège La Promesse Evangélique et les causes qui auraient provoqué un tel drame, M. Accou a mis l'accent sur le vrai rôle de cette direction au sein du Ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). « Nos travaux ne s'appliquent qu'aux écoles nationales et aux lycées. Nous avons pour mission d'élaborer des programmes d'évaluation visant à superviser et à réaménager tous les bâtiments destinés à héberger les écoles publiques se trouvant dans les dix départements géographiques du pays », a poursuivi le directeur.

Questionné sur les normes minimales à respecter par les ingénieurs pour permettre aux élèves de gouter au pain de l'instruction dans des conditions plus ou moins confortables, l'assistant chef de service des études et de recherche, Magareth Pardo, a précisé que « le bâtiment doit être constitué de salles aérées, d'un pavillon administratif, d'un terrain de jeu, d'une résidence destinée au petit personnel, d'une bibliothèque, d'un système d'eau potable, de toilettes et d'une infirmerie ».
Selon l'ingénieur Prado, une école destinée à recevoir un effectif de 200 élèves devrait contenir au minimum quatre toilettes. Pour éviter la promiscuité, il est recommandé d'avoir 50 élèves par salle. « Pour assurer la sécurité des élèves et du personnel, une école doit disposer d'un système d'évacuation. Par exemple, dans les lycées, nous tenons à avoir des portes de secours qui facilitent l'évacuation d'un grand nombre de personnes simultanément au moindre incident », a-t-elle indiqué .
Combien d'écoles publiques ont été construites dans le respect de ces normes ?
Selon ces responsables, plusieurs écoles nationales ont été construites sans l'approbation du Service de Génie scolaire et des fois en dehors des normes requises. « Lorsque nous n'intervenons pas à temps, certains directeurs entreprennent des démarches auprès des ONG ou autres institutions qui investissent dans le secteur éducatif. Résultat : des erreurs sont enregistrées dans la superficie des salles, la largeur des portes et des fenêtres réduisant la luminosité de la salle. Ces dernières peuvent compromettre la formation des apprenants en provoquant des problèmes visuels à l'avenir », informe le chef de supervision.
Les anciennes maisons hébergeant certaines écoles publiques constituent également un défi au respect des normes de construction. « Faute de budget, nous ne pouvons pas réaménager toutes les écoles publiques voire celles qui sont hébergées dans les anciennes maisons. Cette insuffisance retarde nos interventions même dans les situations d'extrême urgence.»
En dépit de la bonne volonté des responsables du Génie scolaire, beaucoup de défis se dressent sur leur chemin.
Mais il incombe aux différents acteurs concernés d'intervenir en vue de freiner ce refus de suivre les normes requises dans la construction des bâtiments scolaires.
Source: Le Nouvelliste