Décidément, elle a la vick-toire dans la peau. Qu'on en juge : une note tombe dans la rédaction et répertorie 39 trophées remportés par Victoria Duval, le temps de l'écrire le palmarès passe à 41 victoires.
Victoria tapait déjà avec sa raquette à l'âge des poupées. Elle a 4 ans lorsqu'elle commence à jouer avec ses frères aînés Cédric et Léonel sur un terrain de fortune aménagé à la maison familiale.
Depuis qu'elle a mis ses pieds sur un court, impossible de l'arrêter. Inscrite à un tournoi de tennis à Joe Etienne Tennis Academy (Jotac), un prestigieux club de Port-au-Prince, pour imiter ses frères, Victoria atteint la finale et gagne le titre en avril 2001.
En janvier 2003, « Little Vick », comme sa mère Nadine Duval la surnomme, gagne ses premiers trophées internationaux presque dans les mêmes conditions? juste en jouant. Agée à peine de sept ans, elle remporte en simple et en double la Copa Parmalat, à Santo Domingo.
Trois mois plus tard, elle n'est même pas aussi haute que le filet du court, qu'elle défie des adversaires dans la catégorie des 18 ans filles à Jotac. Nouveau trophée. Nouveaux trophées. Pas moins de 41 à cette date.
Spéciale, phénoménale, sensation haïtienne, star en devenir? on ne tarie pas d'éloges envers Victoria. Elle est définitivement sur orbite. Il faut la suivre. Sur les courts de tennis d'Haïti, de Santo Domingo et de la Floride pour l'instant. En attendant une consécration internationale.
« Elle a la capacité de devenir la première Haïtienne à être classée au top dix du tennis mondial », prévient Rick Macci, un des plus grands entraîneurs de jeunes dans le monde du tennis. Il n'est que d'attendre.
« J'ai vu, au cours de ma longue carrière dans le tennis haïtien, des jeunes avec du talent, mais je n'en ai jamais vu un combinant le talent avec une telle force de caractère et une telle détermination. » C'est Frantz Liautaud, le président de la Fédération haïtienne de tennis qui l'affirme en personne.
La petite championne s'entraîne trois heures par jour, comme ses frères au Ricky Macci Tennis Academy, un centre de classe mondiale. Elle fréquente, depuis septembre 2003, cette académie où Venus (sur la photo avec « Little Vick ») et Serena (sa joueuse préférée) Williams, Jennifer Capriati, Mary Pierce, Maria Sharapova, Andy Roddick et Wayne Ferrera, devenus aujourd'hui des stars mondialement connues, l'ont devancée.
Depuis décembre 2004, elle s'installe seule en tête du classement de la catégorie des 10 ans dans l'Etat de la Floride. Elle pointe déjà à la 48e place chez les moins de 12 ans où elle n'était classée que 201e en février? 2005. Elle aura dix ans le 30 novembre prochain.
Aujourd'hui, « Little Vick » a tout pour devenir une excellente professionnelle : « anticipation, attitude, technique et surtout discipline », note Rick Macci, qui souligne qu'« avec des jambes super, une attitude ultra positive et des coups de classe mondiale à un si jeune âge, Victoria peut être une star. »
« Victoria peut aller très loin avec son rêve, si on lui donne un support financier pour qu'elle s'entraîne correctement », ajoute-t-il encore. Les parents de la « sensation haïtienne », Jean Maurice et Nadine, se disent prêts à investir jusqu'à leurs derniers sous pour voir le rêve se concrétiser, tout en continuant à soutenir Léonel et Cédric, également prometteurs.
Non certains de pouvoir relever le défi seuls, ils n'hésitent pas à faire appel aux « amis de la famille, fans de tennis et du sport en général, journalistes, autorités publiques, femmes et hommes d'affaires » pour qu'ils contribuent à faire de Victoria Duval une star confirmée du tennis.
Sans attendre, « Little Vick » continue d'enchaîner les bonnes performances, tout en gardant ce sourire qu'elle affectionne tant en dehors des courts. Petite Vick deviendra grande et Victoria dans toutes les langues... pour la fierté de tout un pays.
Edgard Célestin