GEORGES EO : "DIALOGUE ET ESPRIT D'INITIATIVE"
Nantes, le 20 septembre 2006. Tout juste nommé à la tête des Canaris, Georges Eo a tenu à rendre hommage à Serge Le Dizet, son prédécesseur. Ce fidèle de la Maison Jaune fait le point à l'occasion de sa présentation aux médias.
uel est votre sentiment après l'annonce de votre nomination à la tête de l'équipe ?
Mon premier sentiment est pour Serge. Nous faisons un métier impitoyable. Superbe quand on gagne, mais impitoyable quand ça ne marche pas. Je ne vais pas dire qu'on est de vieux copains mais ça fait longtemps qu'on travaille ensemble. On s'est connu en 95. Je n'oublie pas qu'il m'a fait revenir sur le terrain alors que j'avais pris d'autres directions. Je lui en suis très reconnaissant. Je suis persuadé que la qualité de l'homme lui permettra de rebondir. On continue à beaucoup parler. Il y a eu un petit étonnement mais ce n'était pas totalement une surprise.
Est-ce embarrassant ?
Il est vrai que j'ai dit dans un article de presse que j'étais intéressé par la place. Mais 95% de l'article concernait le fait que nous étions tous solidaires de Serge et 5% sur la question directe de savoir si j'étais prêt. J'ai dit oui et c'est ce que les gens ont retenu. Nous en avons parlé avec Serge et il n'y a pas eu le moindre malentendu. Je n'ai que faire des donneurs de leçon.
Vos relations ont-elles changé avec Serge ?
Rien n'a changé. On pourra se croiser n'importe où sans avoir à baisser les yeux.
"Un jeu qui demande aux joueurs de l'initiative"
Homme de l'ombre, vous passez désormais à la lumière...
La star, c'est l'équipe. Sans les joueurs, le staff et les gens autour de l'équipe, je ne suis rien. J'ai un travail à faire du mieux possible, avec les gens autour de moi, en espérant que les résultats vont revenir le plus rapidement possible.
Quel type d'entraîneur êtes-vous ?
Je suis quelqu'un qui laisse l'initiative. Nantes est renommé pour son jeu, même s'il est palichon en ce moment. C'est un jeu qui demande aux joueurs de l'initiative.
Qu'apporterez-vous de nouveau ?
S'il y avait quelque chose de nouveau à apporter, Serge l'aurait fait. Il n'y a rien de nouveau, seulement du travail, de l'intelligence et de la concentration pour trouver le jeu qui nous permettra de gagner.
Quelles sont les différences entre Serge et vous ?
Je suis quelqu'un d'intuitif alors que Serge est plus analyste. Mais je ne veux pas entrer dans des comparaisons.
Un contrat de deux ans et demi
avec les pleins pouvoirs
Y a-t-il excitation ou appréhension ?
C'est excitant d'entraîner un club de Ligue 1, surtout Nantes qui m'a mis le pied à l'étrier, en tant que joueur et entraîneur. C'est vrai, j'ai hâte d'être à dimanche, à la Beaujoire.
Avez-vous un objectif ?
J'ai un contrat de deux ans et demi, avec les pleins pouvoirs. Je ne m'inquiète pas du terme. Je ne sais pas si c'est le temps pour les objectifs. Pour l'instant, nous devons battre Marseille. Nous avons nos repères et on suit match après match.
Quelle sera la nature de votre relation avec Japhet N'Doram ?
Japhet, c'est l'intuition et l'inspiration du jeu par excellence. J'espère qu'il illuminera mes idées. Je serais le roi des imbéciles de me priver des idées d'un garçon comme Japhet ! Il y a aussi les gens au centre de formation. Ce sont des personnes qui ont des avis et des idées. Il faut savoir les consulter.
Mardi, Nantes a semblé à la dérive...
Je n'ai pas trouvé. Il manque beaucoup de choses, mais je ne veux pas revenir sur le passé. Ce qui m'intéresse, c'est qu'il y a à faire. Je regarde devant. Les joueurs ne partent pas sur rien. Ils ont des informations. Le stage à Reith Seefeld et les matches amicaux se sont très bien passés. Il faut qu'ils comprennent que c'est ensemble qu'il faut fonctionner. Ce n'est pas simple.
"Personne ne nous voit gagnant
contre Marseille...
c'est peut-être l'occasion rêvée !"
Votre méthode ?
Le dialogue. Il y a des joueurs étrangers et c'est auprès d'eux qu'il faut que ça passe. Il faut expliquer et parler.
Qui sera votre capitaine ?
Je n'ai pas pensé à ça.
Quel sera votre système de jeu ?
Je suis pour un système offensif qui marque des buts. Alors un ou deux attaquants...
Quels changements sont à attendre ?
On ne sait pas. C'est encore frais. Je n'ai pas encore eu le temps de travailler sur l'équipe de dimanche.
Etre nommé à la tête de l'équipe avant Marseille, est-ce le meilleur moment ?
Personne ne nous voit gagnant contre Marseille. Les joueurs ont tout à gagner. C'est peut-être l'occasion rêvée
.
N'est-il pas cocasse d'avoir pour président une personne que vous avez entraîné ?
C'est effectivement cocasse. Ca faisait vingt ans que je ne l'avais pas vu avant qu'il arrive ici. Je ne pense pas que ce soit ça qui l'ai fait me nommer à la tête de l'équipe. Le Club représente beaucoup trop pour qu'il en soit ainsi.
Vous aviez déjà été candidat à deux reprises...
Si je ne suis pas devenu entraîneur à ces moments cruciaux, je l'accepte. Chacun a ses raisons. On n'est forcément pas d'accord, comme quand on dit à un joueur qu'il ne jouera pas.