La politique des Canaris: L'Haïtien Jean-Jacques Pierre visage est inconnu (FC Nantes)
Les promesses générées par l'arrivée de Wilhelmsson n'ont pas été tenues. Les promesses générées par l'arrivée de Wilhelmsson n'ont pas été tenues.
Une page s'est tournée à l'orée de la saison 2006-2007 dans l'histoire du FC Nantes. La fin d'un cycle avec les départs des derniers cadres issus de la formation à la nantaise, qui faisaient partie de la dernière épopée des Canaris, vainqueurs du championnat de France en 2001. Un cycle qui s'achevait pour en entamer un autre, sous le houlette de Serge Le Dizet, qui tenta de combler les vides laissés par le départ des cadres. Un recrutement à priori sérieux, avec une volonté indéniable de trancher avec celui de l'an passé, où Nantes avait achevé la saison à la 14e place. Mais ce changement de politique, qui fait passer les recrues extérieures au club au premier plan devant la promotion des jeunes issus de la formation n'a pas fonctionné, faisant tomber la tête de Le Dizet, remplacé par son adjoint Georges Eo au mois de septembre.
La fin de la formation à la nantaise
Le départ du capitaine emblématique du FCNA, Mickaël Landreau, n'était un secret pour personne. Il l'avait déjà annoncé à demi-mots au sortir de la saison 2004-2005 où Nantes avait bien failli goûter pour la première fois de son histoire à la Ligue 2. Son


départ reste néanmoins symbolique, car il était le capitaine et le dernier rempart nantais depuis dix ans. Difficile pour Serge Le Dizet de trouver un remplaçant de son calibre, lui qui est promis à plus ou moins long terme à devenir le numéro un de l'équipe de France. Pour la plus grande tristesse des supporters nantais, Landreau ne fut pas le seul à quitter le navire, puisqu'un autre pur produit des Canaris, Jérémy Toulalan, allait céder aux sirènes du quintuple champion de France, l'Olympique Lyonnais. Le FCNA venait de perdre ses deux dernières « stars » et surtout, les deux derniers « succès de la formation à la nantaise », si réputée. Le constat va plus loin car celle-ci est en panne depuis de longues années. Elle s'est éteinte voilà quelques saisons, après avoir donné à Nantes Mickaël Landreau et Jérémy Toulalan notamment. Les derniers à être sortis des entrailles du centre de formation des Jaunes-et-Verts sont en général tombés dans l'oubli. On citera entre autres Shiva N'Zigou, Luigi Glombard, Grégory Pujol, Jean-Hughes Ateba, Sébastien Piocelle, Hassan Ahamada... la liste est longue. Les rares Canaris à rester dans le nid ont du mal à s'imposer. Loïc Guillon, promu capitaine cette saison après le départ de Landreau n'a pas encore le niveau que l'on attend de lui. Emerse Faé, à qui l'on attribuait tous les qualificatifs les plus flatteurs n'a jamais éclos. La formation à la nantaise étant en panne, il a fallu aux dirigeants recruter en masse, pour un résultat très mitigé.


L'échec des recrues
Si certains jeunes Nantais n'ont jamais réussi à convaincre et sont donc partis s'aguerrir dans les divisions inférieures, que dire des recrues nantaises de ces dernières années ! Nombre d'entre elles n'ont jamais pu s'imposer au sein de la maison jaune, et là aussi la liste est très longue.
L'Haïtien Jean-Jacques Pierre, dont le visage est presque inconnu des spectateurs, le Tunisien Imed M'Hadhbi, jamais lancé par Serge Le Dizet. Dennis Oliech encore, tant attendu du côté de la Jonelière et qui n'a pas confirmé le bien que l'on pensait de lui. S'il est un mot qui revient beaucoup dans la bouche des supporters nantais, au sujet du recrutement des Canaris, c'est sûrement le mot « déception ». Cela fait plusieurs années que cela dure. L'échec cuisant du Portugais Ariza Makukula, considéré comme le prodige que les plus grands club européens s'arrachaient et que Nantes avait finalement réussi à signer est là pour le rappeler. Un passage éclair en Loire-Atlantique et puis s'en va. Il évolue désormais chez le promu espagnol de Tarragone. On peut également citer le Paraguayen Julio César Caçeres et le Colombien Alexander Viveros, deux internationaux qui n'ont jamais joué à ce niveau sous les couleurs de Nantes. Et malheuresement pour les Canaris, l'histoire semble se répéter cette saison encore avec les recrues Nouredine Boukhari et Christian Wilhelmsson. Pourtant, la réputation de ces deux joueurs n'est plus à faire. Le Marocain arrive de l'Ajax où il a livré de très bonnes prestations ces dernières années. Idem pour le Suédois qui arrive d'Anderlecht, et qui a coûté plus de 3 millions d'euros à Nantes après une belle Coupe du monde avec sa sélection. Mais pour le moment ni l'un ni l'autre n'arrivent à convaincre et commencent donc à s'asseoir bien souvent sur le banc des remplaçants, surtout depuis la prise de fonction du nouvel entraîneur Georges Eo, ancien adjoint de Serge Le Dizet.


La suite ?

Est-ce un problème de recrutement ou bien un problème interne au club, plus profond ? Depuis le départ de Raynald Denoueix, le FCNA n'a jamais pu retrouver le haut de tableau quel que soit l'entraîneur qui était à sa tête. Marcos, Amisse, Le Dizet... Georges Eo, qui était l'adjoint de ce dernier souhaite établir un changement et l'a montré en titularisant le troisième gardien, Vincent Briant, à la place du très décevant Vladimir Stojkovic, censé remplacer Landreau, et du vieux briscard Tony Heurtebis. Du côté de Nantes, on espère de tout coeur que certains jeunes, à l'instar de Briant ou du jeune Dimitri Payet, le plus efficace des attaquants en ce moment, vont trouver leur place. En fait, on espère surtout que ceux qui vont jouer vont enfin permettre à Nantes de sortir la tête de l'eau. Et l'on émet des doutes légitimes sur le nouvel entraîneur pour redonner des couleurs au club de la Loire-Atlantique. Des doutes également sur le fait que la décision du président Roussillon, tant décrié par les supporters, de démettre Le Dizet de ses fonctions après seulement sept journées alors qu'il aurait bien pu le faire la saison passée, soit juste. De même pour la nomination d'Eo en tant que nouvel homme fort du club. L'avenir nous dira s'il avait raison ou tort, mais quoiqu'il en soit il serait judicieux, dans son propre intérêt d'abord, et ensuite dans celui de la Ligue 1, que Nantes reprenne des couleurs afin de pouvoir, comme il y a cinq ans, contester le leadership lyonnais.