Joachim Alcine champion...motivateur
Si les jeunes élèves de l'école L'Accore sont toujours attentifs comme ils l'ont été lors de la conférence du boxeur Joachim Alcine, ils vont réussir leur cours secondaire à la vitesse de l'éclair, ce qui ne ferait que ravir le boxeur d'origine haïtienne qui est venu leur donner une leçon de motivation le mardi 24 octobre dernier, à Châteauguay.
Après une présentation par un membre du Groupe Yvon Michel, pour lequel l'athlète combat, le boxeur s'est présenté dans la salle du sous-sol sous les applaudissements. Dans une atmosphère surchauffée, les élèves étaient tellement captivés par les premiers mots du héros qu'on entendait les néons siller au-dessus des têtes.
Un champion "ordinaire"
Le boxeur de 30 ans est, en ce moment, l'aspirant numéro un mondial au titre de la WBA des poids super mi-moyens. Il a été successivement champion canadien, champion de la WBC intercontinentale, champion de la WBA N.A. et de la WBC Latino; un parcours où il a administré 19 K.O en 27 rencontres. Bien qu'il soit champion, Joachim Alcine se présente aux élèves comme un gars ordinaire.


Il raconte d'abord son enfance pauvre en Haïti. Il avoue aux élèves qu'enfant, il ne dormait pas dans un lit, mais "sur du ciment". Joachim Alcine est très croyant. Il affirme que c'est grâce à sa foi s'il n'a pas mal tourné, "c'est grâce à ma foi que j'ai respecté la société", a-t-il dit à deux reprises. Il passe ensuite au c?ur du sujet de sa conférence : motiver les jeunes à aimer et à compléter leur instruction. Il se donne pour exemple. "À 13 ans, je voulais faire de la boxe. Mes parents n'ont pas voulu parce qu'ils pensaient que c'était plus important que je me concentre sur mes études," raconte-t-il, devant des élèves un peu étonnés de voir un jeune obéir à ses parents. "Mes parents m'ont dit : 'l'éducation avant la boxe'". C'est pourquoi, Alcine a débuté la boxe à l'âge de 17 ans. "J'aurais pu en vouloir à mes parents, mais je ne l'ai pas fait parce que je les respecte", a-t-il dit.


Le boxeur, qui aimerait ouvrir des centres communautaires pour les jeunes, a ensuite traité de thèmes qu'on entend moins depuis quelques années : remercier et respecter ses parents, aimer ses professeurs, ne pas tromper sa blonde et se méfier des mauvaises influences des amis.
Il a expliqué à un jeune, qui se vantait à l'arrière de la salle d'être le plus dur de l'école, qu'il trouverait plus de satisfaction à protéger ceux qui sont moins forts que lui plutôt que de nourrir des sentiments de violence. Paradoxalement pour un boxeur, l'amour est l'antidote contre la violence.
Faire des sacrifices
Poursuivant sur sa lancée et l'intérêt des jeunes ne se démentait pas malgré la chaleur accablante, le boxeur a évoqué des notions qu'il doit appliquer à sa carrière de boxeur et qu'il dit être les mêmes pour ces jeunes qui peinent à compléter leur cours secondaire.
"Il faut vous impliquer dès maintenant dans vos études", leur a dit le boxeur qui a le don de capter l'attention des auditeurs. Il a par la suite parlé de la notion de "sacrifices". "Quand je vais au gymnase, j'accepte la souffrance de l'entraînement", dit-il. "C'est une question de vouloir, leur a-t-il dit, faisant allusion au fait que, dès ses débuts dans la boxe, il s'est fait remarquer lors de dix combats amateurs contre des boxeurs qui cumulaient plus de cinq années d'expérience. "C'est une question de vouloir, a-t-il répété; l'école, c'est pareil."
Donner de la motivation
Durant la période de questions qui a suivie, Maxime Auchu, 17 ans, a demandé à Joachim ce qu'il ressentait lorsqu'il était dans le ring face à un adversaire. Le boxeur a quelque peu éludé l'excellente question, parlant plutôt du fait qu'il se concentrait sur la victoire et qu'il pensait à sa famille. Rencontré à la fin de la conférence, alors que la salle s'est pratiquement ruée vers l'idole qui allait signer des autographes aux quelque 70 jeunes présents, le jeune Maxime admettait que les propos du boxeur "lui avait donné un coup pour se motiver. Je suis plus motivé", a-t-il conclu. Disant qu'il voulait éventuellement faire carrière dans l'armée, le représentant du Soleil lui a plutôt dit de songer à une carrière de journaliste tant sa question était pertinente.