FC NANTES: Jean-Jacques Pierre veut rassurer derriere pour assurer devant
Nantes, le 8 novembre 2006. Titulaire dans l'axe de la défense nantaise depuis trois rencontres, Jean-Jacques Pierre est considéré comme la révélation de ces dernières semaines. L'Haïtien ne veut pour autant pas en rester là et insiste sur la discipline indispensable en défense pour rassurer le reste de l'équipe et la mettre dans les meilleures dispositions dans les phases offensives.
Comment juges-tu la situation de l'équipe aujourd'hui ?
Jean-Jacques Pierre : Un peu mieux mais on attend toujours mieux. Mais ça va venir, avec tout le travail qu'on fait à l'entraînement et qu'on doit maintenant mettre dans les matches. Je crois qu'on est en train de trouver une détermination vraiment supérieure - et à chaque match, on en trouve un peu plus - qui va nous permettre d'évoluer en confiance pour garder le ballon et arriver au grand jeu nantais que tout le monde rêve de voir.
Le groupe semble bien vivre, il y a plus de sourires... qu'en est-il au quotidien ?
Jean-Jacques Pierre : Je crois que parfois, on sourit pour cacher les frustrations qu'on a, du fait de la situation qui ne devrait pas être la nôtre. Derrière ces sourires, il y a des hommes vraiment dignes d'être des footballeurs du FC Nantes, prêts à remonter la situation. Ca n'empêche pas qu'on peut s'engueuler, toujours pour le bien des uns et des autres et surtout de l'équipe.
Face à Monaco, pour la première fois, vous n'avez pas encaissé de but. Mais à Sedan, vous en prenez un...
Jean-Jacques Pierre : Je dis toujours que si on n'encaisse pas de but, on a 95% de chances de gagner le match. Parce qu'on crée des occasions. A Sedan, nous avons été mis en danger plusieurs fois, mais c'est sur nos ballons ! On prend le but sur un ballon qu'on ressortait. Nous étions mal placés derrière parce que nous partions en contre. Ils en ont profité. Il faut être bien derrière, comme on a su le faire face à Monaco et en fin de match à Sedan. La discipline qu'on a aujourd'hui en défense, c'est ce qui nous permet de relancer l'équipe vers l'avant. Il faut assurer derrière pour qu'au milieu et devant, ils aient le droit de jouer les coups à fond.
JJ Pierre
"Je suis content et je profite à fond"
Comment gérer cette discipline avec les changements constants en défense du fait des suspensions ou autres blessures ?
Jean-Jacques Pierre : C'est difficile, mais on est en train de trouver une cohésion entre les deux centraux. Que je joue avec Mauro, Loïc, Karim, Nicolas ou Kevin, il ne doit pas y avoir de changement. Il doit seulement y avoir deux joueurs derrière qui poussent, appellent les côtés pour fermer et qui poussent les milieux pour aller vers l'avant. Ce doit être pareil pour tous les couples de défenseurs centraux appelés à jouer. Si nous avons cette discipline, nous pourrons remonter les autres joueurs. Mais s'ils voient que derrière, ça "cartonne" un peu, on ne jouera pas les coups à fond et nous n'aurons pas un nombre suffisant de joueurs en phase offensive pour concrétiser nos actions.
Après trois titularisations successives, comment vis-tu ton retour ?
Jean-Jacques Pierre : Je le vis bien, mais à chaque jour, à chaque match, j'essaie de faire plus. Le foot est comme ça. A chaque match, il ne faut pas se contenter de sa performance. A l'entraînement ou dans sa vie privée, il faut s'attacher à garder une discipline ferme qui permettra déjà de conserver une ligne positive et, pourquoi pas, d'aller plus haut. Je suis content et j'en profite à fond.
JJ Pierre
"Aujourd'hui, nous sommes dos au mur"
Samedi, c'est Saint-Etienne qui se présentera à la Beaujoire. Une équipe en forme actuellement...
Jean-Jacques Pierre : On les connaît. Ils sont sur une très bonne lancée, mais le plus important pour nous est de nous occuper de nous. Une fois qu'on arrive à faire notre jeu et à avoir cette détermination qu'on rêve d'avoir, ce sera difficile qu'une équipe nous batte. Ce qu'on se dit aujourd'hui, c'est qu'on arrête de prendre des buts trop faciles. Si une équipe veut marquer contre nous, qu'elle travaille ! C'est ce qu'on fait à l'entraînement, en se poussant les uns les autres en avant. On ne sait pas de quoi sera fait l'avenir. Mais on veut laisser une très bonne image ici. Si on doit commencer par Saint-Etienne pour notre remontée au classement - ça va être dur -, on va le faire.
Il n'y a plus la place pour des contre-performances à la maison...
Jean-Jacques Pierre : Non. Si on regarde bien, il nous reste peu de matches à la maison avant la trêve. Il faut qu'on gagne les quatre. On ne sait pas comment, mais ce qu'on sait, c'est qu'il faut qu'on les gagne. Ce sont de gros adversaires, mais aujourd'hui, nous sommes dos au mur. Nous n'avons pas le choix. Il ne suffit pas de le dire mais travailler sur le terrain. Il faut aussi nous rassurer un peu sur les matches à l'extérieur et ramener quelque chose.
Cette pression vous pousse ou vous gêne ?
Jean-Jacques Pierre : Non. Nous, on affronte les défis. On les aime. Parce qu'on sait qu'on a le potentiel pour ça et qu'on va travailler pour le réaliser. Ca se joue sur le terrain et c'est réalisable. Il suffit d'être au point et à 100%.