L'aide sportive nationale au centre des discussions
Les cris de détresse sont multiples et les Fédérations sportives qui se plaignent nombreuses, l'Etat Haïtien n'a pas tenu ses promesses de venir en aide aux Fédérations Sportives. De Secrétairerie d'Etat à Ministère des Sports, rien n'a changé dans le fond. Il faut toujours rester en stand-by, marchander un peu pour trouver l'argent nécessaire en vue de réaliser les différentes activités sportives. La preuve.
Fritz Belizaire ministre a la Jeunesse et au Sport
Les officiels et les athlètes composant la délégation haïtienne devant représenter Haïti au championnat Centre Amérique et Caraïbes ont dû payer eux-mêmes leurs billets d'avion à destination de la Jamaïque. Etonnant n'est-ce pas?
Pourtant, ce n'est pas nouveau dans le sport haïtien. On dirait que défendre les couleurs du pays exige non seulement la contribution physique et mentale de l'athlète, mais aussi qu'il paie le droit de défendre les couleurs de son pays alors que d'autres se tordent les pouces. Nombreuses sont les Fédérations et associations sportives qui ont dû déclarer forfait à la dernière minute dans un rendez-vous international parce qu'enfin les athlètes et les dirigeants n'ont pu trouver les moyens pour assurer les frais du voyage.
De Secrétairerie d'État des Sports pour revenir à l'ancienne formule de Ministère des Sports, observateurs, analystes, dirigeants, athlètes voire l'homme de la rue s'attendaient à une certaine amélioration dans la façon pour les responsables de planifier et gérer le sport en Haïti.
Mais les espoirs bien fondés de la part de tout un chacun quant à une situation normale du sport au pays, à partir de ce Ministère des Sports (nouvelle formule), ne semblent pas combler les attentes de la grande famille sportive.
Beaucoup de dirigeants et athlètes ne cachent pas leur mécontentement à l'endroit du Ministre des Sports, l'Ing. Fritz Bélizaire, qu'ils accusent de ne rien faire de manière concrète pour l'avancement du sport haïtien.
Beaucoup de gens pensent que « c'est un Ministère créé pour aider seulement le football », (pendant ce temps, les dirigeants du football eux-mêmes se plaignent de ne pas recevoir l'aide qui leur a été promise), « quant aux autres disciplines sportives, en dépit du fait que leurs athlètes réalisent de très bonnes performances lors des compétitions internationales, elles sont totalement négligées », ont-ils précisé.
N'était, le secteur privé à répondre à leurs demandes pour sponsoriser un projet, championnat ou déplacement à l'étranger, il ne serait bon pour les athlètes et dirigeants de ces disciplines négligées par le Ministère qu'à plier bagage et s'orienter vers une autre activité plus rentable que le sport.
On se souvient qu'à l'occasion des Etats Généraux du Sport en Haïti, organisé par le Comité olympique Haïtien (COH), en association avec la Secrétairerie d'État à la Jeunesse et aux Sports (version Evans Lescouflair) et déroulés les 27, 28 et 29 juillet 1995 à l'hôtel Christopher, Jean-Edouard Baker, dans son message de circonstance, avait fait le souhait sur cette importante réunion de nous faire prendre conscience sur l'écart nous séparant du reste du monde et qui pouvait, par la même occasion, proposer des redressements adéquats.
Cinq thèmes d'intérêt avaient été débattus durant les trois jours qui ont vu le déroulement de ces Etats Généraux du Sport Haïtien dont un avant-projet de loi relative à la promotion, l'organisation, la coordination et la supervision des activités physiques et sportives.
Quid de cet avant-projet de loi préparé par le COH et remis à la Secrétairerie d'Etat des Sports pour être acheminé par la suite au Parlement pour être ratifié ?
De la Secrétairerie au Ministère, la composante de la grande famille du sport haïtien s'attendait à ce que des efforts soient être entrepris pour le remettre définitivement sur les rails du développement et du progrès.
Cependant, d'aucuns pensent que cette espoir a été de courte durée puisque aucune aide ni programme n'est envisagée par l'Etat (à travers ce Ministère des sports nouvelle formule) pour l'amélioration des structures de nos fédérations et associations sportives.
Toujours ce même calvaire pour les dirigeants de réunir les fonds nécessaires quant à honorer les rendez-vous sur la scène sportive nationale et internationale durant la saison.
Faute des fois de ne pas trouver une réponse positive de la part du secteur privé, ils se voient dans l'obligation de puiser dans leur propres fonds ou bien d'aller faire un prêt auprès d'un particulier.
Pendant que des sommes faramineuses sont déboursées par l'Etat pour des réjouissances populaires inutiles (Ti sourit).
« Ministè ap pase moun nan betiz lè ke li di pa genyen lajan pou spò epi li jwen kòb pou gaspiye nan Ti sourit », ont d'ailleurs affirmé bon nombre de dirigeants et athlètes qui ont tenu à garder l'anonymat.
Le sport haïtien est très malade et, depuis des décenies, il souffre de graves problèmes de restructuration.
Nos fédérations et associations sportives n'arrivent pas, à l'exception de 2 ou 3, à gérer leur discipline. Nous ne disposons que de 300 à 350 entraîneurs et moniteurs alors qu'il en faudrait 50.000. A l'exception de 2 ou 3 fédération et associations, aucune n'est en mesure d'indiquer avec précision le nombre de licenciés.
Il nous faudrait 500 terrains ou plaines de jeu là où nous n'en avons que 10. Le budget alloué à la Jeunesse et aux Sports devait être cent fois plus élevé.
Aucune coupe sombre ne devait y être pratiquée sous le fallacieux prétexte que celui qui s'occupe de la Jeunesse et des Sports est un amuseur d'enfants et ne mérite que des miettes.
Voilà le ou les grands défis à relever par ces deux instances concernées que sont : le Ministère de la Jeunesse et des Sports et le Comité Olympique Haïtien.
C'est cette mission exaltante de relance du sport haïtien qu'ils ont intérêt à réaliser de concert, sinon il n'est tout simplement qu'à fermer la porte du sport haïtien à double tour et mettre la clef dans le paillasson de l'oubli.
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