28/01/2007 07:29
Canadianne-Haitienne Kimberly Hyacinthe: Quand le sprint devient une vraie passion...
Notre 13e lauréate du concours bourse d'études, jeune athlète est une fille qui a beaucoup de dynamisme et d'entregent.
En fait, Kimberly Hyacinthe est une championne canadienne junior en athlétisme dans le 100 et le 200 mètres.
gée de 17 ans, Hyacinthe, une grande sprinteuse de 5 pi 11po, excelle également dans ses études où elle obtient des notes supérieures à 80 pour cent au cégep Vanier.
Kimberly Hyacinthe était heureuse de nous parler de sa jeune et brillante carrière au début de la semaine.
Q Depuis combien d'années pratiques-tu l'athlétisme?
R J'ai fait mes débuts, il y a quatre ans. Un entraîneur m'a observée dans une compétition régionale et il a vanté mes mérites à notre entraîneur d'athlétisme à l'école Jean-Eudes que je fréquentais à l'époque. C'est là que tout a commencé pour de bon.
Q Te souviens-tu de ta première expérience en athlétisme?
R Oui, c'était une épreuve régionale qui se disputait au centre Étienne-Desmarteau. J'avais 14 ans à l'époque. J'ai non seulement gagné le 100 et le 200 mètres, mais aussi le saut en hauteur. Je me suis ensuite classée première au 100 mètres, deuxième au 200 mètres et au saut en hauteur lors des championnats provinciaux.
Q As-tu délaissé le saut en hauteur?
R J'ai été obligée d'abandonner cette épreuve l'an dernier à cause de maux de jambes. Je venais de faire 1,68 m. Des maux aux genoux m'ont forcée également à laisser tomber le basket-ball lorsque j'avais 13 ans.
Q As-tu vécu une belle expérience à Pékin en août 2006?
R Oui, ce fut très spécial. Après avoir été couronnée championne canadienne junior au 100 et au 200 mètres, je me suis classée 17e aux championnats du monde juniors en Chine dans l'épreuve du 200 mètres. Ces championnats réunissaient les meilleures athlètes de 19 ans et moins. À 17 ans, j'étais donc l'une des plus jeunes de cette compétition.
Q Quels sont tes plus beaux souvenirs?
R À l'été 2006, lorsque j'ai battu le record canadien juvénile dans l'épreuve du 200 mètres à Sherbrooke. Le record était de 24,09 et j'ai fait 23,88. Au 100 mètres, mon meilleur chrono est de 11,71. Parmi mes meilleurs souvenirs, il y a aussi cette troisième place l'an dernier au 200 mètres lors des championnats canadiens seniors.
Q Parle-moi un peu de ta famille? R Mes parents sont nés en Haïti, mais ils résident au Québec depuis une vingtaine d'années déjà. J'ai un frère cadet, Djahleel, qui est âgé de dix ans. Lui, c'est le soccer qui l'intéresse. À propos d'Haïti, je n'y suis jamais allée. Avec les problèmes que connaît le pays depuis quelques années, je préfère rester au Québec. Je peux vous dire que nous sommes très heureux dans notre résidence de Lachenaie. Q Comment te débrouilles-tu à l'école?
R Après avoir fréquenté l'école secondaire Des Rives à Lachenaie, je me suis inscrite l'an dernier au cégep anglophone de Vanier. Je voulais apprendre l'anglais absolument. Au début, ce fut un peu difficile, mais aujourd'hui, je suis très à l'aise dans cette nouvelle langue. Mes notes dans toutes mes matières sont d'ailleurs de 80 pour cent et plus.
Q Depuis combien de temps est-tu associée à Daniel Saint-Hilaire?
R Nous travaillons ensemble depuis 2004. Je peux vous dire que c'est un excellent entraîneur et un bon technicien. Il m'apprend à écouter mon corps. Daniel entraîne aussi Nicolas Macrozonaris. On se connaît bien puisqu'on se côtoie à l'entraînement au Centre Claude-Robillard.
Q Quelles sont tes ambitions?
R Comme tous les athlètes, je rêve de participer aux Jeux olympiques. Ça n'arrivera sûrement pas en 2008, mais peut-être en 2012 ou en 2016, qui sait ? Professionnellement, je vise un emploi dans la gestion ou dans la mise en marché.
Q À part toi, y a-t-il d'autres filles au Québec qui excellent comme sprinteuses?
R Geneviève Thibault, de Québec, est présentement la meilleure sprinteuse. Elle est de trois ans mon aînée. L'an dernier, Geneviève a été couronnée championne canadienne et québécoise chez les seniors. Elle court le 100 mètres en 11:47. Je l'ai toutefois battue une fois au 200 mètres. Marie-Ève Dugas et Marie-Andrée Leblanc sont également des noms à retenir.
Q Que penses-tu du concours bourse d'études, jeune athlète?
R Le Journal de Montréal a eu une très bonne idée de lancer un tel concours. Ça encourage beaucoup les jeunes athlètes du Québec. C'est sûr que j'aimerais gagner le montant de 10 000 $ à la fin. Je l'investirais complètement dans mes études. À propos de bourses, j'aimerais remercier le club de la Médaille d'Or qui fait beaucoup pour aider les athlètes amateurs. J'ai moi-même reçu deux montants de 500 $. C'est un geste très apprécié de leur part.