Fédération Haïtienne de Football a fermé ses portes à Télé Ginen: Vous avez dit bizarre
vendredi 16 mars 2007

Sur la base d’un contrat d’exclusivité de retransmission en direct et en différé des matchs du championnat national digicel de 1re division avec la TNH, la Fédération Haïtienne de Football a fermé ses portes à Télé Ginen à l’occasion des trios premières journées de ladite compétition. La réaction de la chaîne jaune et noire est de diffuser en boucle des images montrant un employé de la TNH s’échinant à fournir des explications à ses malheureux confrères sur un dossier dont il ne pouvait maîtriser les tenants et aboutissants. Par lettre en date du 12 mars courant, à son tour, le président de la fédération, Yves Jean-Bart, regrette que Télé Ginen ait pris « l’initiative de diffuser un documentaire attentatoire à l’image de la FHF et aux intérêts du football haïtien. » Après avoir rappelé à monsieur Lucien Borges, P-DG de TG, que sa compagnie n’avait pas respecté les termes d’un contrat identique avec la FHF la saison écoulée, Jean-Bart invite son locuteur à mettre fin à ce documentaire télévisé ( sic )…autrement, il se verra obligé d’utiliser les moyens légaux pour contrer cette campagne de diffamation…”

La fédération a raison de réclamer qu’on ne salisse pas son image d’autant plus que sur le fond, sur cette question, elle a raison. Mais elle aurait pu mieux faire.
D’abord, la fédération n’est pas équitable, en ce sens que la TNH et les autres stations de télé avaient leurs entrées au stade quand l’exclusivité du direct et du différé était « ginéenne ». Seulement, et c’est là la clé du problème, ce faisant, la fédération respectait le droit à l’information reconnu partout. Il n’y a aucune raison pour qu’aujourd’hui, Télé Ginen, ou n’importe quelle autre, en soit privée. Il suffirait qu’un avertissement précise aux organes télévisuels leurs limites, du genre qu’ils ont droit “à un reportage ne dépassant pas trois minutes par match et pas de publicité avant et après ce reportage.” La Digicel protège ses billes, la fédération aussi, mais nous tous, de quelque bord que nous puissions être, avons intérêt à protéger la société. En ce sens, une correction s’impose des deux côtés.

Parallèlement, la Linaf et les clubs de Port-au-Prince, le Racing et le Don Bosco en particulier, exposent un sens du réalisme et de la bonne entente qui tranche avec ce qui preécède. On sait le championnat national engagé dans une course contre la montre. Or, en même temps, la Sélection nationale doit se préparer en vue de la Gold Cup en juin. Pas de préparation sans match. L’équipe nationale part donc à Miami affronter Panama et une autre formation non encore désignée officiellement. Quinze jours d’arrêt au minimum ! Il faut compenser : en huit jours, dimanche, mercredi et dimanche, trois journées de championnat. Vu que les équipes de Port-au-Prince recevaient, on risquait le trop-plein. Eh bien ! La bonne idée a été de faire jouer deux matchs de 1re division l’après-midi et la tombée de la nuit d’hier. Organisation, frais aux stadiers, on fait ça à deux. Qui joue en lever de rideau ? Qui, en clôture?

Toutes ces questions, généralement délicates, ont trouvé une réponse intelligente. Il est vrai qu’en ces temps de sécheresse financière, il est difficile de faire la fine bouche. Le Victory en sait des choses, lui qui a dû abandoner le stade Sylvio Cator sonnant creux à ses matchs, pour se jeter dans les bras, pourtant si carnavalesques, de Jacmel. Pour le moment, la délocalisation ne semble pas porter des fruits à l’ancien club du Bas-peu-de-choses; il faut du temps à la graine avant qu’elle ne bourgeonne.
Concernant le double match pour un seul ticket, l’originalité de l’initiative reside dans le fait qu’elle concerne quatre équipes de 1re division qui ne jouent pas un tournoi amical mais Le Championnat National.
Le public n’a pas pour autant répondu à l’appel. Qu’en sera-t-il une prochaine fois ? De toute façon, ni les clubs ni la Linaf ne visaient l’augmentation du public par cette nouveauté. C’était la réponse à un véritable imbroglio du calendrier. L’affaire TéléGinen/ Fédération Haïtienne de football a aussi une réponse, pas bizarre elle-même : le respect des droits.
Source: LeMatinhaiti