Haïti :
Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières et président du Réseau Damoclès, se rend à Haïti du 9 au 12 janvier pour une mission d'enquête Reporters sans frontières - Damoclès sur les cas des deux journalistes assassinés Brignol Lindor et Jean Dominique, les agressions de journalistes dans le cadre de la tentative de coup d'Etat de décembre dernier et la situation de la liberté de la presse dans le pays.
Affaire Jean Dominique
Nouvel acte d'intimidation contre le juge d'instruction à quelques jours du renouvellement de son mandat
Le juge Claudy Gassant, en charge de l'enquête sur l'assassinat du journaliste Jean Dominique, a été victime d'un acte d'intimidation, le 21 décembre 2001, de la part d'agents de sécurité du Palais national, le palais présidentiel. Un véhicule du Palais national a délibérément embouti sa voiture. Les policiers sont ensuite descendus et ont mis en joue le magistrat. Ils ont expliqué qu'ils protégeaient un convoi de quatre véhicules du Palais national qui rentrait d'une opération spéciale. Les policiers ont finalement quitté les lieux. A aucun moment, ils n'ont présenté leurs excuses au magistrat.

Le 4 janvier prochain, le mandat du juge Claudy Gassant doit être renouvelé. Selon le code d'instruction criminelle, les juges d'instruction sont nommés pour trois ans, mandat qui peut être renouvelé. Nommé il y a trois ans, le juge Claudy Gassant mène depuis septembre 2000 l'enquête sur l'assassinat de Jean Dominique. Le précédent juge en charge de l'enquête avait préféré démissionner après avoir subi des pressions.
Jean Dominique, le journaliste et analyste politique haïtien le plus connu du pays, était mort le 3 avril 2000, abattu dans la cour de Radio Haïti Inter dont il était le directeur. Jean Dominique avait vivement mis en cause Dany Toussaint, qui a depuis été élu sénateur. En août 2001, le juge d'instruction en charge du dossier a demandé au Sénat de lever l'immunité parlementaire de M. Toussaint pour son implication présumée dans l'assassinat du journaliste. Le Sénat ne s'est toujours pas prononcé.
Lettre de protestation le 28 décembre. RSF salue le travail du juge Gassant, demande qu'il continue à suivre l'affaire, et exige que les auteurs de son agression soient rappelés à l'ordre.