Port-au-Prince, 5 février 2002 -(AHP)-Détérioration de la situation des droits de l'homme au cours de la première année de la présidence d'Aristide, selon le NCHR
La Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens (NCHR) a déclaré noter que la première année du retour au pouvoir du président Jean Bertrand Aristide est caractérisée par une nette détérioration de la situation générale des droits humains en Haïti.
Dans un rapport rendu public mardi, la NCHR indique que les libertés d'association, de réunion et d'expression acquises au prix de luttes pénibles depuis la chute des Duvalier ont été mises, selon elle, à rudes épreuves tout au cours de la première année du retour au pouvoir de M. Aristide.
Selon cette organisation de défense de droits de l'homme, les droits civils et politiques des citoyens n'ont pas été respectés. Les manifestations politiques anti-gouvernementales menées, dit-elle, pacifiquement et sans armes ont été interrompues avec violence par des partisans du pouvoir dans plusieurs villes du pays.
La NCHR indique que les partisans du pouvoir semblent avoir bénéficié de la complicité de la Police Nationale qui, estime-t-elle, n'a pas toujours fait preuve d'impartialité.
La Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens estime que depuis le retour à l'ordre constitutionnel en 1994, la liberté d'expression n'a jamais été aussi menacée.
Selon elle, des menaces de mort sont proférés régulièrement et publiquement par des chefs d'organisations populaires par des élus Lavalas, contre, dit-elle, la presse indépendante.
L'organisation fait état de pressions politiques qui auraient été exercées sur la magistrature, du refus de la police de remplir sa mission, d'un manque de coopération évidente avec le pouvoir judiciaire, de l'irrespect affiché par des parquets vis-à-vis des décisions des tribunaux, du refus systématique du sénat et de la chambre des députés de mettre à la disposition des tribunaux répressifs les parlementaires impliqués dans des actes de criminalité.
La NCHR critique également l'opération zéro tolérance lancée par le président Aristide le 28 juin 2001.
Selon elle, cet appel donne un support considérable à la justice expéditive.
La Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens invite le pouvoir à plus de sagesse politique, à la culture de tolérance, à s'impliquer résolument dans la recherche d'une solution négociée à la crise politique pour que les prochaines années du mandat d'Aristide soient différentes de la première.
Plusieurs organisations haïtiennes de droits de l'homme sont accusées de partisanerie dans le traitement des dossiers relatifs aux droits humains, en raison du fait qu'elles auraient choisi de ne relever que les violations commis par un seul secteur, occultant ainsi une partie de la vérité et de la réalité.