Port-au-Prince, 27 février 2002 -(AHP)- Le taux de mortalité infantile en Haïti a atteint la barre des 83 pour mille, selon le dernier rapport de EMMUS-( EMMUS III-2000).
Ce chiffre qui était de 74 pour mille en 1995 est le plus élevé de l'Amérique latine et des Caraïbes.
D'après le rapport du groupe santé du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) de mars 2000, 138.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année en Haïti.
40% de ces décès survenus à l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti (HUEH) proviennent du service de pédiatrie.
Dans ce tableau de 25 pays, Haïti est suivie de la Guyane avec 56 pour mille, le Guatemala 45 pour mille, la République Dominicaine 43 pour mille, le Nicaragua 38 pour mille. Cuba est le mieux placé avec un taux de mortalité infantile estimé à 6 pour mille.
Les trois causes majeures de mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans en Haïti sont la diarrhée, la malnutrition et les infections respiratoires aiguës.
Dans une interview à l'AHP, le docteur Frantz Large a fait savoir qu'il y a des causes structurelles qui expliquent un taux si élevé de mortalité infantile. Au nombre de ces causes, il cite les problèmes économiques qui sont directement liés, dit-il, aux facteurs politiques.
Selon le docteur Large, la classe politique qui n'a pas un problème de pain quotidien retient toute une population en otage.
" Il est inacceptable qu'une crise politique prenne en otage les enfants haïtiens qui même quand ils ne meurent pas de malnutrition et de diarrhée, n'auront pas la capacité intellectuelle d'affronter la compétition du nouveau millénaire", s'indigne le médecin qui appelle au déblocage d'une aide d'urgence en faveur de la population nécessiteuse.
Il a souligné qu'en aucun cas on ne doit pénaliser les enfants haïtiens. Et les hommes politiques haïtiens devront comprendre que le peuple haïtien doit toujours passer au premier plan, a-t-il encore ajouté.